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Pourquoi Wall Street creuse l’écart avec les Bourses européennes

le 16/10/2017

Philippe Mudry

Philippe Mudry

Une fois de plus, Wall Street a terminé la semaine au plus haut : les indices S&P 500, Dow Jones et Nasdaq ont signé de nouveaux records.

De quoi creuser l’écart avec les bourses européennes, au point que celles-ci n’ont jamais été aussi sous-valorisées par rapport aux marchés américains depuis 20 ans.

Les stratégistes de Deutsche Bank ont calculé que la prime des valeurs américaines par rapport aux européennes sur la base du ratio cours sur actif net atteint 70% !

Cette survalorisation croissante se justifie-t-elle ? La réponse est sans doute oui, sans qu’il soit besoin de chercher des raisons sectorielles comme, par exemple, la surpondération souvent soulignée des indices américains en valeurs technologiques.

Pour les investisseurs réunis pendant deux jours par L’Agefi à l’occasion de son ‘Global Invest Forum’, l’explication est plutôt à chercher dans des causes structurelles.

L’un d’eux, Magnus Billing, patron d’Alecta, une des grandes caisses de retraite suédoise, qui juge Wall Street « chère, mais pas hors de proportion », les résument ainsi : « une meilleur rentabilité des fonds propres et un coût du capital plus faible ».

Sur le premier critère, la différence est d’environ 3 points, ce qui dans la durée justifie des écarts de valorisation très importants.

Des marges plus élevées, une fiscalité globalement plus modérée, une meilleure aptitude à profiter des taux bas, enfin des rachats d’actions massifs sont ainsi mis en avant.

Quant au coût du capital. Il explique un tiers de l’écart de valorisation et tient au fait que le dollar reste la grande monnaie de réserve.

Cela pousse les investisseurs à s’y investir, notamment en actions même si le rendement à espérer est plus modeste.

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