La chronique de l'actualité

L’approche d’un resserrement général sera le tube monétaire de l’été

le 17/07/2017

Philippe Mudry

Les marchés apprécient le ton accommodant adopté mercredi et jeudi derniers par la présidente de la Réserve Fédérale Janet Yellen qui ne leur laisse pas prévoir de nouvelle hausse des taux avant décembre.

Ils ont vu le verre à moitié plein et les bourses ont remonté.

Reste le verre à moitié vide qui tient à sa volonté de réduire, à un rythme programmé, le bilan de la Fed ;

en clair de laisser l’énorme portefeuille obligataire amassé au fil des ans fondre naturellement, en limitant les réinvestissements. 

Or il s’agit là d’un resserrement monétaire aux effets sous-estimés, que Jamie Dimon, le patron de JP.Morgan, tient même pour le risque numéro un pour la sphère financière dans le proche avenir.

Cette semaine, Mario Draghi pourrait se charger du deuxième service en précisant comment la BCE entend à son tour mettre fin à sa politique non conventionnelle.

Jeudi, lors de la réunion de son conseil dont on n’attend pas de décision concrète, il pourrait préciser sa pensée en fonction des derniers indices d’activité et d’inflation en zone euro.

Même s’il reste encore prudent dans ses propos, l’été ne passera pas, si l’on en croit la presse américaine, sans qu’il en dise davantage, sans doute lors de la traditionnelle réunion des banquiers centraux à Jackson Hole, fin août.

Les investisseurs l’attendent sur deux points-clés : la manière dont sera gérée la fin des achats de titres par la BCE et peut-être un aperçu des étapes de normalisation ultérieures.

Même graduel, pour éviter tout effet fâcheux sur l’activité et la parité euro-dollar, c’est un resserrement transatlantique concomitant qui s’annonce, une première depuis une décennie.

Un changement décisif que les investisseurs doivent anticiper.

Sur le même sujet

A lire aussi