La chronique de l'actualité

Un G20 pour quoi faire ?

le 07/07/2017

Philippe Mudry

Par la voix de Nicolas Hulot, la France s’est engagée pour une neutralité carbone dès 2050 ; l’Europe, dans le cadre de la COP21, ne vise cet objectif qu’en 2100...

Quant aux Etats-Unis de Donald Trump, qui ont dénoncé l’accord de Paris, ils ne sont plus engagés à rien !

Et tout ça, aurait chanté Maurice Chevalier, ça fait d’excellents membres du G20, censés s’engager ensemble sur quelques grands sujets planétaires mais plus d’accord sur grand-chose, voire sur rien du tout.

Le G20 de Hambourg pourra-t-il trouver un consensus sur au moins un sujet à son ordre du jour ?

Telle est la question, et la réponse ne vaut pas que pour la Chancelière Merkel qui l’organise.

Pour qui regarde l’agenda du G20 d’Hambourg – commerce international, climat, stabilité financière, migrations, Corée du Nord etc – difficile de trouver un terrain d’action concrète envisageable.

Il fut un temps, pas si lointain – dix ans seulement – où le G20 parvenait à impulser une réponse commune à la crise financière.

Or cette dynamique mondialisée, dans le meilleur sens du terme, s’est épuisée.

Le recul pris les Etats-Unis explique largement cette réalité.

Entre le possibilisme mondialiste d’Obama et le repli sur soi frénétique de Donald Trump, ses 19 partenaires en sont encore à découvrir qu’ils ont changé de monde.

Le mieux qu’on puisse espérer est un communiqué commun à l’eau tiède se bornant à éviter les sujets qui fâchent.

Les optimistes y verront un moindre mal par rapport à la suppression d’une instance de dialogue informel irremplaçable.

Les autres penseront que quelques nouveaux communiqués de ce genre suffiront pour acter que le G20 est devenu, pour reprendre l’expression du politologue américain Ian Bremmer, le G-0. 

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