La chronique de l'actualité

Pas de miracle à attendre de la croissance pour Macron et Philippe

le 21/06/2017

Philippe Mudry

Le Premier ministre Edouard Philippe, qui redoutait hier sur les antennes de BFM TV RMC un dérapage des déficits publics au-delà de 3%, n’aura pas trop à espérer d’un regain de croissance en fin d’année. Car si la reprise s’affirmera en France, elle n’aura rien de météorique.

Le second semestre décrit par l’Insee dans sa note d’hier comporte pourtant des aspects encourageants. Le principal d’entre eux concerne l’investissement, qui a joué l’Arlésienne pendant des années mais qui, cette fois, semble pouvoir prétendre au rôle de premier moteur de l’activité.

Il atteindrait son plus haut niveau depuis 2008, et serait le fait non seulement des entreprises mais également des ménages, par le biais du logement.

L’Insee fait également l’hypothèse que le commerce extérieur contribuerait enfin positivement à l’activité. Après avoir été la grande déception du quinquennat Hollande, il s’agirait d’une très heureuse nouvelle tant le dynamisme des importations supérieur à celui des exportations a constamment freiné la croissance française.

La remise en route de ces deux moteurs noyés de l’économie entrainerait avec elle l’emploi, avec un taux de chômage passant sous les 9,5%, insuffisant néanmoins pour soutenir la consommation handicapée par un léger regain d’inflation, à 1,1%.

Malgré tout, avec 1,6% de croissance, 2017 serait la meilleure année de croissance depuis 2011. Mais le Premier ministre et le Président ne pavoiseront pas. D’abord parce que la France continuera à cheminer sans gloire en deuxième moitié de peloton en zone euro.

Ensuite parce que le surcroît de recettes fiscales attendues devrait rester modeste et en tout cas insuffisant pour leur éviter de douloureux choix budgétaires.

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