La chronique de l'actualité

La FED tentée d’ignorer la médiocrité des chiffres économiques

le 12/06/2017

Philippe Mudry

Pour 95% des opérateurs, la cause est entendue : la Réserve fédérale relèvera ses taux mercredi d’un quart de point. Pour la troisième hausse en six mois, et peut-être bien la dernière avant l’an prochain.

L’unanimisme des marchés ne se fonde pas sur les derniers chiffres américains, au mieux médiocres.

La création d’emplois n’a pas été brillante en mai et l’inflation continue surtout à décevoir.

A 1,5%, loin donc des 2% que vise la FED, elle ne plaide pas en faveur d’un nouveau resserrement monétaire.

Le dernier élément, plus politique, est que le stimulus budgétaire promis par Donald Trump ne sera sans doute pas aussi puissant qu’espéré.

La bataille au Congrès n’est pas gagnée d’avance pour le président face aux opposants républicains à l’aggravation du déficit.

Les perspectives de croissance sont donc moins brillantes qu’il y a six mois.

Les marchés n’en sont pas moins persuadés que la FED agira. Surtout par crainte qu’un maintien des taux soit vu comme un signal laxiste alors que les conditions financières se sont assouplies récemment sur les marchés.

En cessant de parier sans nuance sur la « relance Trump », ceux-ci, logiques avec eux-mêmes, ont fait baisser le dollar et les taux.

Un statu quo de la FED serait dès lors incohérent avec son discours, maintes fois ressassé, sur la nécessité de normaliser progressivement la politique monétaire.

En clair, la FED donnerait priorité à la stabilité financière sur les données économiques.

Au moins pour un temps. Car au-delà du geste de mercredi, les marchés n’attendent plus rien d’elle en 2017.

Et ne se donnent plus de rendez-vous important avant mars 2018, pour une éventuelle reprise de ce cycle de hausse des taux décidément bien poussif… 

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