La chronique de l'actualité

Le marché fait plus que jamais de l’accord de Paris sur le climat un référent capital

le 02/06/2017

Philippe Mudry

La position des Etats-Unis sur l’accord de Paris, exprimée hier par Donald Trump, est importante pour toutes les entreprises cotées bien sûr.

Mais elle ne représente pour elles qu’un aspect du sujet. Un autre, clé lui aussi, réside dans la position de leurs actionnaires.

Or ceux-ci de plus en plus résolus à faire du climat un aspect essentiel du dialogue avec les directions, notamment vu sous l’angle du respect de l’accord de Paris.

ExxonMobil, numéro un mondial du pétrole et du gaz, vient d’en faire l’expérience.

62% de ses actionnaires viennent d’exiger en assemblée générale, contre l’avis du conseil d’administration, que l’entreprise publie à partir de 2018 un rapport annuel sur sa politique en matière de changement climatique.

Il devra préciser les risques industriels et financiers liés à l’atteinte de objectifs prévus par l’accord de Paris de 2015.

La direction, qui jugeait faire assez d’information sur le sujet, a pris acte de ce vote et devra y donner suite. Ce scrutin marque un tournant.

Primo, il est intervenu sous la pression de deux grands investisseurs institutionnels, le fonds de pension de l’Etat de New York et les fondés de pouvoirs de l’église d’Angleterre, et le soutien d’une kyrielle d’autres, dont l’énorme fonds californien Calpers.

Secundo, cette même résolution, désormais majoritaire, n’avait recueilli que 38% des suffrages l’an dernier.

Depuis des poids lourds de l’investissement, dont le gérant d’actifs Blackrock, premier investisseur en actions du monde, ont basculé dans le camp des climato-activistes.

L’asset manager est d’ailleurs un excellent thermomètre du sentiment des investisseurs, qui a fait du changement climatique le cœur de ses priorités pour 2017/2018.

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