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La pression allemande reprend sur Mario Draghi

le 06/03/2017

Philippe Mudry

Mario Draghi a déjà une longue pratique de l’hostilité allemande au laxisme monétaire accepté par la BCE pour lutter contre le risque déflationniste depuis 4 ans. Maintenant que celui-ci s’estompe, il peut se préparer à une nouvelle offensive.

Celle-ci a déjà commencé à l’approche de la réunion du conseil de la BCE jeudi.

Personne n’en attend de décision forte, ni sur son programme de rachat de dettes et encore moins en matière de taux. Mais cela ne retire rien à l’intérêt des débats.

La grande nouvelle, c’est que l’inflation est remontée à 2% en Europe pour la première fois depuis janvier 2013.

En Allemagne, elle a atteint en janvier 2,2%, nourrissant du coup les craintes d’un dérapage inflationniste qui demeure, comme on sait, une obsession nationale.

« La remontée de l’inflation prive la BCE de la base de sa politique d’argent bon marché », vient d’estimer un vice-président du groupe Chrétien démocrate au Bundestag, résumant un sentiment général souvent exprimé plus crûment en privé.

Pour autant, l’inflation sous-jacente, donc hors énergie donc, ne donne à 0,9% aucun signe inquiétant d’accélération.

Par deux fois ces dernières années, la BCE avait resserré sa politique monétaire trop tôt et dû revenir en arrière. Le président de la BCE ne veut à aucun prix refaire cette erreur.

Aussi, personne, pas même les Allemands, ne s’attend à une inflexion de sa politique sauf sur deux points : une communication plus claire sur la remontée de l’activité et le déclin du risque désinflationniste ; et la révision de l’objectif d’inflation que la BCE retient pour 2017 fixé à 1,3%.

Son relèvement constituerait pour les marchés un indice clair que le resserrement, lentement mais sûrement, se profile.

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