La chronique de l'actualité

Une nuit de tous les dangers sur les marchés des changes

le 08/11/2016

Philippe Mudry

2016 restera comme une année à part sur les marchés des changes.

Après la folle nuit du Brexit, où bien des cambistes se sont brûlés les doigts, la nuit prochaine risque d’être tout aussi incertaine et agitée pour les traders.

Ceux-ci seront une fois encore aux premières loges pour réagir aux premiers indices de sorties d’urnes jusqu’à la publication de résultats fiables.

Si Hillary Clinton l’emporte, chacun s’attend à une hausse modérée du dollar.

Si c’est son concurrent, une forte baisse du billet vert contre le franc suisse, le yen et l’or devrait s’accompagner d’une hausse aussi marquée contre certaines devises émergentes, en particulier le peso mexicain, véritable victime expiatoire de cette campagne électorale.

La devise mexicaine, qui n’a cessé de monter et de descendre en sens inverse des intentions de vote en faveur du candidat républicain, est devenue à l’approche du scrutin l’un des jauges de risques les plus regardées sur les marchés.

Tandis que les émergents concernés resteront spectateurs de l’évolution de leurs propres devises, d’autres pays plus riches, comme la Suisse ou le Japon, sont bien décidés à mettre toute leur puissance de feu en action si nécessaire.

Si Donald Trump est élu, la Banque nationale suisse a annoncé hier qu’elle interviendrait aussi vigoureusement qu’après le vote sur le Brexit pour éviter que le franc suisse ne crève une nouvelle fois le plafond.

Le prix à payer par la Suisse pour éviter que le franc n’asphyxie totalement l’économie est élevé.

En quatre ans et demi, la BNS a dû acheter, en contrepartie de ses ventes de francs, l’équivalent de plus de 400 milliards de FS de devises étrangères, multipliant ses réserves de changes par près de 3 ! 

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