La chronique de l'actualité

La crédibilité de la FED en baisse sur les marchés

le 05/02/2016

Philippe Mudry

Jusqu’à présent, les banques centrales ont été pour les marchés le meilleur facteur de soutien, par leur politique d’un laxisme exceptionnel.

Or le resserrement d’un quart de point des taux directeurs décidé en décembre par la Réserve fédéral, qui comptait beaucoup d’adeptes au début, est de plus en plus contesté par des investisseurs en plein doute.

Il est vrai que la FED a brûlé ses vaisseaux d’entrée, en laissant prévoir un vrai cycle de hausse des taux.

Quatre nouveaux resserrements paraissaient inscrits au menu de 2016, perspective d’ailleurs réaffirmée par la Fed elle-même à la toute fin janvier encore.

Or en quelques jours, malgré de très bons chiffres de l’emploi, le paysage s’est retourné.

Un ralentissement de la croissance du PIB américain à 0,7% cet automne et l’entrée en récession du secteur manufacturier ont fait craindre que l’expansion américaine avait passé un pic.

Surtout, rien dans les évolutions de salaires n’annonce une tension sur les coûts génératrice d’inflation, toujours introuvable.

Des propos plutôt pessimistes du président de la Réserve fédérale de New-York William Dudley, très écouté, ont achevé d’assombrir l’atmosphère.

Du coup, les marchés ont changé de pied. Ils ne prévoient plus de nouvelles hausses des taux cette année et une seule l’an prochain.

Les taux de marchés se sont fortement détendus, comme si ce coup de pompe était annonciateur d’une contreperformance majeure aux Etats-Unis en 2016, en termes  d’activité et d’inflation.

Cela reste bien sûr à prouver et les marchés se sont beaucoup trompés par le passé.

Reste un fait certain : le dollar baisse fortement, de 3,5% sur la semaine.

C’est beaucoup et bien sûr mauvais pour l’économie européenne.

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