La chronique de l'actualité

Le risque grec menace de revenir par la fenêtre

le 28/01/2016

Philippe Mudry

Apaisée après l’accord du 13 juillet dernier, la crise grecque reparaît de temps à autre dans les radars des investisseurs au fil de la mise en œuvre du plan de sauvetage du pays.

Mais la crise de l’Europe de Schengen menace de la ramener au centre des préoccupations des marchés.

Bruxelles a mis hier à exécution sa menace d’exclure la Grèce de l’espace de libre circulation européen si Athènes ne remédie pas avant trois mois aux « graves carences » de surveillance de ses frontières face à l’afflux de réfugiés.

Si rien ne change, les contrôles seront rétablis à ses frontières européennes d’ici mai prochain.

Ce serait une première qui pourrait, craignent les investisseurs, ouvrir la voie à un « détricotage » de l’espace de Schengen sous la pression incontrôlée des migrants.

Cela n’irait pas sans mettre sous fortes tensions la zone euro et la construction européenne en général.

Car Schengen et monnaie unique sont considérés comme les deux piliers « jumeaux » de l’Europe intégrée.

Une mise hors-jeu de la Grèce pourrait d’abord créer une situation d'urgence humanitaire dans le pays, et plomber encore plus son économie.

Or son PIB devrait déjà se contracter de 0,7% cette année.

Plus généralement, sa capacité de réforme en souffrirait, et avec elle ses perspectives de croissance à moyen terme, tout comme celles de la zone euro.

Aussi beaucoup d’analystes partagent-ils l’inquiétude de Jean-Claude Juncker qui lie clairement l’avenir de Schengen et celui de l’euro.

« À quoi bon avoir une monnaie unique si on ne peut plus voyager sur le continent comme par le passé ? »

La vive remontée récente des taux grecs montre que la mise en garde du président de la Commission n’est pas passée inaperçue.

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