La chronique de l'actualité

La situation économique russe inquiète les Occidentaux

le 26/01/2016

Philippe Mudry

Le problème des sanctions n’est pas qu’elles ne fonctionnent pas mais qu’elles fonctionnent trop bien.

Après le cas iranien, celui de la Russie le prouve, au point que les Occidentaux inquiets parlent  désormais de les lever à l’été.

Emmanuel Macron a évoqué l’hypothèse dimanche à Moscou, suivant de peu le chef de la diplomatie américaine John Kerry.

Tous deux ont pris soin de la subordonner à la bonne application des accords de Minsk.

Mais leur propos s’explique aussi par le choc violent que vit la Russie confrontée, en dehors des sanctions, à l’effondrement pétrolier soudain.

Les chiffres de 2015 sont sans appel : l’année s’est soldée par une contraction de 3,5 points de PIB, des ventes de détail en chute de 15%, du jamais vu depuis 20 ans, et une baisse des salaires réels de 10% !

Or 2016 s’annonce pire encore. Il faut déjà refaire le budget tout juste adopté qui se fondait sur une prévision du baril à 50 dollars alors qu’il est proche de 30.

Or le cours de rouble étant indexé sur celui du brut, il atteint des niveaux extrêmement faibles contre le dollar, miné aussi par des propos maladroits de responsables monétaires russes.

Le risque de panique devant la monnaie est réel, synonyme d’appauvrissement massif de la population qui n’ont pas les moyens de vivre en autarcie.

Après l’heure de la sévérité à l’encontre de l’aventurisme russe pourrait donc sonner celle de la compréhension.

Les banques françaises pourraient ainsi aider au financement du projet Yamal LNG, un chantier gazier géant dans le grand nord.

Et il n’est pas jusqu’à l’intraitable ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble qui n’ait aussi ouvert une porte en parlant d’un rapprochement avec Moscou sur le Moyen Orient.

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