L’euro accuse le coup des incertitudes autour de la croissance

le 17/02/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les mauvais chiffres du dernier trimestre et l’impact attendu du coronavirus font plonger la monnaie unique face aux grandes devises.

Euro euro à la peine, en bouée de sauvetage
L’euro est à la peine en ce début d’année 2020.
(Fotolia)

Ralentissement économique, effets du coronavirus : l’euro est à la peine en ce début d’année. La monnaie unique a touché un point bas depuis mai 2017 face au dollar la semaine dernière, à 1,082 dollar, après la publication de statistiques décevantes pour le mois de décembre, notamment une production industrielle en berne. Même punition contre le sterling et le franc suisse, à 0,83 livre et 1,062 franc, des niveaux de faiblesse que l’euro n’avait pas connus depuis juillet 2016 et mars 2017 respectivement.

L’économie de la zone euro a en effet confirmé son net coup de frein au quatrième trimestre, avec une hausse de 0,1% seulement sur les trois derniers mois et de 0,9% en rythme annuel. La fin de l’année a été marquée par une contraction surprise en France, «où l’on avait sous-estimé l’impact des grèves», selon un officiel, et en Italie. L’économie allemande a stagné et les prévisionnistes de Barclays anticipent une contraction de 0,2 point du produit intérieur brut outre-Rhin au premier trimestre.

Les craintes liées au coronavirus rendent les perspectives très incertaines. «La faiblesse de l’euro traduit, en relatif, une vraie inquiétude des investisseurs face au risque de pandémie : l’idée est que les Etats-Unis vont résister, mais pas l’Europe», explique Christian Parisot, chef économiste d’Aurel BGC. La région a tout à craindre d’un coup de frein chinois. La part des exportations destinées à la Chine était passée de moins de 5% du total des exportations européennes en 2003 à près de 11% en 2018.

Devise de financement

Les marchés de taux semblent aussi tabler sur un assouplissement de la BCE en fin d’année, alors même que la banque centrale a l’air de privilégier un statu quo tant que durera sa revue stratégique.

Tout cela «renforce l’attractivité de l’euro comme devise de financement», indique Ebrahim Rahbari, stratégiste chez Citi. Grosses émettrices de dette en euros, les entreprises non européennes, notamment américaines, échangent ensuite les euros levés contre leur devise d’origine, ce qui a un effet baissier sur la monnaie unique.

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