L’Espagne revote dans une totale indifférence des marchés

le 08/11/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Aucun parti ne devrait obtenir la majorité absolue. Cette absence de gouvernement pourrait affecter la croissance.

Le chef du gouvernement espagnol sortant, le socialiste Pedro Sanchez, devant le Congrès des députés.
Le chef du gouvernement espagnol sortant, le socialiste Pedro Sanchez, devant le Congrès des députés.
(Photo Congreso de los Diputados.)

Ce dimanche, les Espagnols retournent aux urnes pour la quatrième fois en quatre ans et la deuxième cette année. Le chef du gouvernement sortant, le socialiste Pedro Sanchez, arrivé en tête lors du scrutin d’avril dernier, n'a pu conclure d'accord de gouvernement, entraînant de nouvelles élections législatives.

Au vu des derniers sondages, aucun parti n’aura, cette fois encore, la majorité absolue et une coalition formée par le parti socialiste (PSOE), Podemos et Mas Pais (jeune parti de gauche) avec l’appui des indépendantistes est la plus probable. Les dirigeants des deux formations créditées du plus grand nombre de sièges devraient être incités à trouver un accord.

«Les intentions de vote semblent en effet plus fragmentées que lors du scrutin d’avril, avec un renforcement des partis de droite au détriment de la gauche», estiment les économistes de Barclays. La droite a gagné des points depuis les manifestations en Catalogne qui ont suivi la condamnation des dirigeants séparatistes.

Pour autant cette incertitude politique ne semble guère émouvoir les investisseurs. Le rendement à 10 ans espagnol a atteint un plus bas de 0,03% fin août avant de remonter (+25 points de base) mais dans une moindre ampleur que les taux core (+40 pb pour le Bund). «L’absence de gouvernement en Espagne n’empêche pas le pays d’améliorer sa situation budgétaire, souligne Axel Botte, stratégiste chez Ostrum AM. Du coup, le pays a moins besoin de venir sur le marché, ce qui est positif pour les emprunts espagnols.» Tant qu’il n’y a pas de gouvernement, le budget actuel est prolongé sans modifications possibles. Les analystes de S&P Global Ratings estiment néanmoins qu’un gouvernement issu d’un tel environnement politique fragmenté n’aura pas un soutien suffisant pour affronter les défis économiques auxquels est confronté le pays (déficit structurel et chômage élevé).

Une coalition PSOE-Podemos ne serait pas une surprise pour le marché mais elle pourrait avoir un impact sur les taux espagnols à court terme, selon les économistes de Barclays. La crainte est celle d’un budget trop expansionniste (comme celui prévu pour 2019 dont le rejet avait provoqué les élections d’avril). Mais aussi que la nouvelle coalition revienne sur la réforme du marché du travail. Une coalition entre les socialistes et la droite serait mieux perçue à court terme par les investisseurs mais elle serait plus incertaine à moyen terme. L’autre hypothèse est celle de nouvelles élections si dans les quatre mois aucun parti ne parvient à un accord de gouvernement. Ce qui sur le moyen terme risque de peser sur l’économie, selon S&P.

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