Le gouvernement crée une «boîte à outils» pour promouvoir l’investissement durable

le 11/09/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Lors des PRI, le ministre de l’Economie a appelé les autres pays à aller plus loin dans le développement de la finance verte.

investissements verts
(Crédit Fotolia.)

Le slogan «go green or perish» écrit sur le mur est clair pour le secteur financier, au moment où le président français, Emmanuel Macron, et le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, dévoilent les mesures prises pour encourager l’investissement responsable et contrer les préoccupations de greenwashing.

S’adressant hier aux participants à la conférence PRI In Person 2019 par le biais d’un enregistrement vidéo, Emmanuel Macron a martelé que «la transition vers une économie durable et à faible émission de carbone nécessite des investissements financiers importants. Les acteurs financiers qui restent à l’écart de ce mouvement vert finiront par disparaître.»

Fidèle à la position d’Emmanuel Macron, Bruno Le Maire a souligné que le gouvernement avait construit une boîte à outils avec des dispositifs politiques concrets pour développer une finance responsable, allant au-delà des «paroles et des vœux pieux». La première étape concerne des objectifs communs clairs. Par exemple, en juillet dernier, les institutions financières françaises se sont engagées à abandonner le charbon à partir de 2020.

Résumant d’autres outils politiques, Bruno Le Maire a rappelé que «le reporting ESG [environnemental, social et de gouvernance, NDLR] des grandes entreprises, publiques et privées, est en vigueur depuis 2001. Sans une information adéquate de la part des entreprises, les investisseurs ne seront pas en mesure de répartir les investissements en fonction des critères ESG. Depuis 2015, nous disposons également d’un cadre ambitieux en matière de risque climatique et d’information pour les investisseurs institutionnels et les gestionnaires d’actifs. A la suite de la recommandation du PRI, ce cadre sera amélioré cette année grâce au projet de loi sur la transition énergétique, actuellement à l’étude au Parlement.»

Encourager l’épargne responsable

Les obligations vertes souveraines françaises, lancées en 2017, ont atteint un encours de 19 milliards d’euros, canalisés vers la constitution d’une classe d’actifs et de portefeuilles verts. «Nous avons aussi créé des produits d’épargne responsable, avec trois labels principaux : l’investissement ESG, l’investissement vert et l’investissement socialement inclusif. Cela permettra à tout citoyen d’investir dans des produits d’épargne dédiés à l’épargne responsable, poussant les entreprises à s’engager davantage», a insisté le ministre, ajoutant que les autorités françaises de supervision sont chargées de suivre la mise en œuvre de ces outils chez les acteurs financiers.

Bruno Le Maire a souligné qu’une telle «boîte à outils» est nécessaire aux niveaux européen et mondial. Soulignant la nécessité d’«aller plus loin», il a ajouté que la France travaillait à la création d’une norme européenne sur les obligations vertes pour contrer les «préoccupations en matière d’écoblanchiment».

«Au niveau européen, la France soutient pleinement le plan d’action de la Commission européenne sur la finance durable et fera pression pour que le Green New Deal soit mis en œuvre dès que possible. Nous travaillons intensivement sur la proposition de taxonomie, qui vise à classer les activités économiques durables. Nous ferons également pression en faveur d’un cadre européen de reporting social et environnemental pour les grandes entreprises. Une amélioration substantielle de la qualité et de la comparabilité des données non financières au niveau international est essentielle», a déclaré Bruno Le Maire.

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