La livre gravite vers la parité avec le dollar

le 12/08/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A l’annonce de la contraction du PIB de 0,2% au deuxième trimestre au Royaume-Uni, la livre a atteint son plus bas niveau depuis janvier 2017.

livre sterling, billets de 10 pounds
La livre a dégringolé dans la journée de vendredi dernier jusqu’à 1,2057 pour un dollar.
(Crédit BoE.)

La croissance britannique chancelle. Le PIB s'est contracté au deuxième trimestre. Une première depuis six ans. Alors que les économistes anticipaient une stagnation de la croissance, celle-ci a déçu avec -0,2% par rapport au trimestre précédent, et 1,2% en rythme annuel contre 1,8% au premier trimestre. En réponse à l’annonce de ces chiffres vendredi, la livre a plongé dans la journée jusqu’à 1,2057 contre le dollar soit son niveau le plus faible depuis janvier 2017. Elle a déjà chuté de 7% au cours des trois derniers mois.

L’arrivée de Boris Johnson au 10 Downing Street fin juillet accroît la probabilité d’un no deal à 30%, trois fois plus que ce que prévoyaient les analystes en février. Morgan Stanley évoque la progression de la livre vers la parité avec le dollar dans le cas d’une sortie désordonnée, même si l’opinion majoritaire se porte pour l’instant sur un affaiblissent à 1,10. La Banque d’Angleterre envisage de son côté la possibilité d’un passage sous le seuil d’un dollar et évalue la probabilité d’une parité livre-dollar à 6%, tandis qu’elle n’était que de 0,2% lors des calculs effectués en mars.

Ecouler
les stocks

Le chancelier de l'Echiquier, Sajid Javid, affiche son optimisme. Il estime que la contraction du PIB «n’est en aucun cas une surprise» et n’anticipe «absolument pas» de récession. «La lecture des chiffres est lugubre. Mais ils exagèrent probablement la perte d’élan de la croissance depuis le début de l’année. La faiblesse de l’activité reflète en partie des facteurs exceptionnels qui ne se répèteront pas. La croissance devrait revenir au troisième trimestre», commente Dan Hanson de Bloomberg.

En cause, notamment, le report du Brexit du 29 mars au 31 octobre. Les entreprises qui avaient constitué des stocks en vue de la sortie de l’UE, ont préféré écouler leurs stocks à hauteur de 4,4 milliards de livres, taillant ainsi 2,15 points dans la croissance. Les importations ont dans le même temps chuté de 18 milliards après un boom au premier semestre. Autre conséquence du report de la deadline, les industriels de l’automobile avaient avancé leur période de congés estivaux au mois d’avril pour éviter des perturbations dans l'approvisionnement au moment de la sortie, ralentissant ainsi la production industrielle, en baisse de 1,4%. Les économistes de Barclays ont toutefois révisé à la baisse leurs prévisions de croissance pour l’ensemble de l’année à 1,1%.

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