La courbe des taux a un pouvoir prédictif de récession variable

le 09/08/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La corrélation entre inversion de la courbe des taux et récession varie selon les pays. Elle est notamment plus forte en France, en Allemagne et aux Etats-Unis.

Le regain de volatilité a accentué la correction sur les marchés actions.
La corrélation entre inversion de la courbe des taux et récession est forte dans certains pays, mais la question de la causalité reste posée.
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L’inversion de la courbe des taux survenue depuis mars indique-t-elle une récession prochaine ? Aux Etats-Unis, 75% des inversions de la courbe des 50 dernières années ont été suivies de récessions et toutes les récessions ont été précédées d’en moyenne dix mois d’inversion de la courbe, selon la Fed de Saint-Louis. La qualité de ce signal d’alerte est cependant variable selon les pays. Parmi les six pays étudiés par la banque régionale, la corrélation entre inversion de la courbe et récession est la moins forte en Italie, tandis qu’en Allemagne, en France et aux Etats-Unis, rares sont les inversions qui n’ont été suivies de récessions. Au Royaume-Uni et au Canada, les fausses alertes ont été plus nombreuses.

L’inversion de la courbe des taux arrive lorsque les rendements deviennent plus élevés sur les obligations d’Etat à court terme que sur ceux à long terme, signe que les marchés s’attendent à l’imminence d’une mauvaise conjoncture dans laquelle chercher des nouveaux placements n’est pas souhaitable alors que les taux d’intérêt chutent. La demande de valeurs refuges augmente donc, dont celle d’obligations d’Etat à long terme, leur prix aussi, et leur rendement baisse.

En Italie, avec des données disponibles depuis 1992 seulement, la courbe s’est inversée pendant la crise de 1992, mais elle s’est très peu inversée pendant celle de 2008 et sa pente est restée positive en 2011. Son pouvoir prédictif y est donc discutable. En revanche, aux Etats-Unis, presque toutes les inversions ont été suivies de récessions, à l’exception notable de celle de 1966. Il en est de même pour la France et l’Allemagne où les inversions ont presque toujours été synonymes de récession imminente. Au Canada, plusieurs inversions pendant les années 60-70 ont été bénignes pour la croissance du pays, ce fut aussi le cas au Royaume-Uni en 1985 puis au tournant du siècle.

Si la corrélation entre inversion et récession est forte dans certains pays, la question de la causalité se pose aux économistes. L’inversion de la courbe pourrait notamment engendrer un ralentissement de l’activité économique par le biais des banques qui resserrent leur conditions d’octroi aux prêts, freinant ainsi investissement et consommation. En cause, leurs profits en repli à cause de la baisse des rendements sur les prêts à long terme et de l’augmentation des intérêts sur les dépôts à court terme. Autre raison énumérée, l’inversion présage d’un environnement économique dégradée pour les banques.

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