Les grands investisseurs demandent au G20 un plan climat

le 27/06/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A l’approche des réunions de vendredi et samedi au Japon, de grands gérants et fonds de pension tirent la sonnette d’alarme.

Dans une lettre ouverte aux «gouvernements du monde», des groupes représentant 477 investisseurs représentant plus de 34.000 milliards de dollars d’actifs ont demandé, mercredi, des mesures urgentes contre le changement climatique en vue de la réunion du G20 vendredi et samedi au Japon. Ils insistent sur «l’urgence d’une action décisive» contre le changement climatique, pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris. «Il y a un écart d’ambition [qui] préoccupe grandement les investisseurs et doit être résolu de toute urgence, écrivent-ils dans un communiqué qui accompagne la lettre. Il est essentiel pour nos décisions en matière de planification à long terme et d’allocation d’actifs que les gouvernements travaillent en étroite collaboration avec les investisseurs pour intégrer des scénarios climatiques en cohérence avec l’accord de Paris dans leurs cadres politiques et leurs trajectoires de transition énergétique.»

La lettre ouverte a été signée par les partenaires fondateurs de The Investor Agenda, avec l’Institutional Investors Group on Climate Change et le réseau des Principes pour l’investissement responsable soutenu par les Nations unies. Parmi les sociétés signataires figurent Amundi, Axa, Natixis IM et Legal & General IM. Les deux plus grands gestionnaires d’actifs au monde, BlackRock et Vanguard, ne sont pas signataires.

Urgence climatique
pour le respect de l’accord de Paris

En 2015, les représentants de près de 200 pays réunis à Paris s’étaient mis d’accord pour fixer la limite de la hausse de la température moyenne dans le monde nettement en dessous de 2 degrés d’ici à 2100 par rapport aux niveaux préindustriels. Ils avaient également convenu de poursuivre les efforts afin de limiter la hausse à 1,5 °C, ce qui permettrait de réduire les risques et les conséquences du changement climatique. Mais les politiques actuelles mettent le monde sur la voie d’une augmentation d’au moins 3 °C d’ici à la fin du siècle.

La France, qui peine pourtant à réduire ses émissions des gaz à effet de serre (GES), n’acceptera pas un communiqué final du sommet du G20 qui ne mentionnerait pas l’accord de Paris sur le climat, a déclaré mercredi à Tokyo le président Emmanuel Macron.

Les investisseurs ont eux-mêmes du chemin à faire. Moins de 1% des actifs des fonds de pension publics étaient catalogués «bas carbone» par l’ONG ShareAction dans une étude publiée en septembre 2018.

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