L’Ecofin prépare l’après-Juncker

le 05/04/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La gouvernance du futur budget de la zone euro est à l’ordre du jour de l’Eurogroupe, tandis que l’Ecofin se penchera sur les chantiers prioritaires pour la prochaine Commission.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, passera la main après les élections de fin mai.
(Photo European Union 2019 Etienne Ansotte.)

A quelques semaines des élections européennes, la priorité à Bruxelles est de boucler les dossiers en cours. Du côté des Etats membres, c’est aussi l’occasion de réfléchir aux chantiers prioritaires qui attendent la prochaine Commission. L’Eurogroupe, qui se réunit ce jour à Bucarest, sera l’occasion d’avancer sur la question de la gouvernance du futur budget de la zone euro. Paris et Berlin défendent une gouvernance resserrée par les pays de la zone euro, en particulier pour décider de ses priorités. L’objectif d’un accord en juin reste d’actualité pour Bercy, qui lie les avancées sur ce dossier aux discussions sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’Union européenne, actuellement en négociation pour la période 2021-2027. De même, si Bercy évoque des «avancées» sur le projet de taxe européenne sur les transactions financières, le ministère l’inscrit dans un «paquet global», incluant CFP et budget de la zone euro, mais sans calendrier précis.

L’Eurogroupe fera également le point sur la garantie européenne commune des dépôts (Edis). «Les dissensions restent très fortes», précise d’emblée Bercy, qui y voit l’occasion de débattre de la vision de chacun pour l’Union bancaire, dont Edis forme le troisième pilier, toujours inachevé. Pour Paris, l’objectif reste «d’avoir un secteur bancaire européen capable de rivaliser avec les banques américaines». Or le maintien de règles nationales, notamment sur la question du MREL interne, fait encore obstacle à une consolidation paneuropéenne du secteur, reconnaît-on à Bercy.

Les discussions prospectives se poursuivront lors de l’Ecofin et porteront également sur l’achèvement de l’Union des marchés de capitaux et la question de la souveraineté économique de l’Europe. A l’instar de l’Union bancaire, Paris reconnaît des «progrès insuffisants» et indique vouloir continuer à défendre davantage d’intégration, du côté de la supervision, des régimes d’insolvabilité ou encore de la fiscalité.

Les préparatifs de chacun des Etats membres face à la perspective d’un Brexit désordonné devraient également faire l’objet de discussions, sans être pour autant à l’ordre du jour. Paris «n’a pas d’inquiétude prononcée pour le secteur financier», indique Bercy. Sylvie Goulard, sous-gouverneure de la Banque de France, expliquait déjà mercredi lors d’une audition au Sénat que les risques sur la stabilité financière étaient contenus.

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