Les pays émergents peinent à profiter de l’environnement favorable

le 03/04/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les entrées de capitaux ont ralenti en mars et les flux nets restent en territoire négatif depuis mi-2018, malgré le virage accommodant adopté par la Fed.

Vue aérienne de Varsovie en Pologne.
Les devises d’Europe émergentes (zloty polonais, leu roumain, forint hongrois couronne tchèque) ont subi les plus fortes corrections depuis le début d’année.
(Varsovie en Pologne. Photo European Union EC.)

L’environnement de faiblesse des rendements internationaux devrait profiter aux actifs émergents. Les derniers chiffres publiés lundi par l’Institute of International Finance (IIF) montrent qu’ils ont attiré 109 milliards de dollars en investissements étrangers cumulés au cours du premier trimestre, sous l’effet du virage accommodant pris par la Fed et de la chute des rendements américains. Ces chiffres globaux masquent cependant des zones d’inquiétudes. Les entrées de capitaux ont ralenti en mars à 25,1 milliards de dollars, après avoir atteint 52,6, et 31,2 milliards en janvier et février. En termes nets, les flux dans les émergents hors Chine (dont investissements directs étrangers et flux bancaires) sont restés en territoire négatif sur les trois mois achevés fin février, comme c'est le cas depuis mi-2018.

«Un certain nombre de devises émergentes ont chuté fortement cette année, et ainsi échoué à profiter de l’environnement favorable actuel», indique l’IIF. Malgré une Fed bien plus accommodante en début d’année et le rebond des matières premières, le peso argentin, la livre turque, et les devises d’Europe émergentes (zloty polonais, leu roumain, forint hongrois couronne tchèque), pénalisées par les craintes entourant la croissance en zone euro, ont subi les plus fortes corrections depuis le début d’année dans un univers émergent stable, et toujours inférieur de 23% à sa moyenne depuis 2010. «La faiblesse de la volatilité aurait dû entretenir les stratégies de carry trade, et ainsi soutenir les devises émergentes», estime Natixis. Le peso mexicain, chilien, et colombien, ainsi que le rouble et le yuan sont celles qui ont le mieux résisté.

Malgré la stabilité sur les changes, les actions émergentes affichent une performance de 9% depuis le début de l’année, la dette en dollar de 6,5%, et celle en devises locales de 2,5%. Le spread souverain moyen des pays émergents, de l’indice JPMorgan EMBI, s’est resserré de 75 pb depuis son point bas depuis avril 2016 atteint au début d’année, à un niveau de 360 pb, inférieur d’autant à ses plus bas de début 2018. La prévision de croissance des pays émergents en 2019 a été abaissée par le consensus à 4,8%, contre 5,1% il y a un an, mais avec des risques idiosyncratiques de récession, en Turquie, et en Argentine notamment. Ces risques se sont déjà manifestés par une chute des entrées de capitaux à 2,4, et à 4,7 milliards de dollars dans les deux pays, au cours des deux premiers mois de l’année.

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