Londres ne renonce pas à un troisième vote sur le Brexit

le 20/03/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En amont du Sommet européen des 21 et 22 mars, Theresa May va demander au président du Conseil européen, Donald Tusk, un report formel de l’Article 50.

Theresa May, Première ministre britannique, et Donald Tusk, président du Conseil européen.
Theresa May va demander à Donald Tusk, président du Conseil européen, un report de l’Article 50.
(Crédit European Union.)

Totalement inattendue, et s’appuyant sur une jurisprudence parlementaire remontant à... 1604, la décision lundi du président de la Chambre des Communes (speaker), John Bercow, de ne pas autoriser un nouveau vote sur l’accord de Brexit si la motion était «identique» ou «substantiellement identique» à celle déjà rejetée massivement le 12 mars, est venue contrecarrer les plans de la Première ministre.

Theresa May prévoyait d’organiser un troisième vote crucial cette semaine en amont du Sommet européen des 21 et 22 mars. La ratification de cet accord lui aurait permis de se rendre à Bruxelles et de demander une extension technique de courte durée.

Theresa May a donc dû revoir son plan, même si le gouvernement britannique n’a pas renoncé à organiser prochainement un troisième vote. Hier, les pourparlers allaient bon train sur les conditions de faisabilité de ce nouveau scrutin : la convocation d’une nouvelle session parlementaire, après la clôture de la session en cours, faisait ainsi partie des options. Certains hommes politiques, à l’instar de Steve Barclay, le secrétaire d’Etat au Brexit, ont cependant jugé cette hypothèse peu réaliste dans la mesure où elle supposait l’intervention de la Reine.

L’autre option consisterait à organiser un vote conduisant à passer outre la décision du speaker.

Dans l’intervalle, Theresa May se préparait hier à écrire au président du Conseil européen Donald Tusk pour lui demander un report formel de l’Article 50 en amont du sommet européen. Une grande incertitude demeurait cependant sur la durée de cette extension ; les ministres du gouvernement n’étant pas parvenus hier matin à se mettre d’accord sur un report court ou long, selon la BBC. Officiellement, comme l'a rappelé hier Michel Barnier, le négociateur européen, l’UE campe toujours sur ses positions : pas d’accord sur une extension si le Royaume-Uni n’a toujours pas de plan crédible à lui soumettre.

Officieusement, les dirigeants européens s’apprêteraient pourtant, selon le Guardian, à accéder aux demandes de Theresa May en poussant pour une modification formelle de la date de report du Brexit dans l’accord de divorce. Ce changement pourrait ainsi être de nature à faire changer d’avis John Bercow et permettre l’organisation d’un nouveau vote dès la semaine prochaine. Le Royaume-Uni doit théoriquement sortir de l’UE dans neuf jours…

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