La Grèce retrouve progressivement le chemin de la confiance

le 01/03/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Moody's pourrait relever ce soir la note «B3» accordée à la Grèce, qui prévoit d'émettre à nouveau.

L’Acropolis à Athènes en Grèce
Athènes doit encore boucler les réformes promises pour percevoir les 750 millions d'euros d’aide.
(Photo European Union EC.)

Moody’s devrait alimenter la spirale positive dont bénéficie la Grèce. L’agence pourrait relever ce soir la note «B3» qu’elle attribue actuellement à la qualité de crédit du pays, sous perspective positive. D’autant que la note de Moody’s se situe deux et trois crans en-dessous des «B+» et «BB-» accordés par S&P Global Ratings et Fitch Ratings, la première étant même également sous perspective positive et susceptible d’être relevée à la prochaine revue du pays par S&P, le 26 avril. Le grand retour de l’Etat grec sur les marchés internationaux de la dette en janvier, qui lui avait permis d’émettre 2,5 milliards d'euros d’obligations à 5 ans grâce à une forte demande, avait d’ailleurs été jugé comme un élément positif pour le crédit du pays par Moody’s, reflétant la confiance retrouvée des investisseurs.

Ce succès, ainsi que la forte détente enregistrée depuis par les rendements grecs, devrait conduire le pays à réaliser une nouvelle émission d’obligations à moyen et long terme, au cours du mois de mars, qui pourrait lui permettre ainsi d’atteindre le bas de sa fourchette cible annuelle, de 5 à 7 milliards, dès la fin du premier trimestre, selon des sources citées par Reuters. Athènes continue déjà d’émettre des titres à court terme de manière régulière sur le marché, la dernière émission à environ 6 mois ayant ainsi été sursouscrite plus de 2 fois, à un rendement de 0,72% en baisse par rapport aux dernières émissions similaires. Or, Bruxelles a alerté la Grèce mercredi qu’elle pourrait ne pas percevoir les 750 millions d'euros d’aide du plan de sauvetage en mars, si les réformes promises n'étaient pas bouclées.

Athènes semble néanmoins profiter de la confiance des investisseurs, avec un rendement grec 10 ans qui a chuté de 65 pb depuis le début d’année, la meilleure performance de la zone euro, pour revenir à un niveau de 3,64%, qui n’est plus qu’à 3 pb de ses plus bas depuis 2006, atteints début 2018. Au cours des deux derniers mois, le spread grec s’est réduit de 60 pb face au Bund à 350 pb, et de 70 pb face au BTP italien à seulement 87 pb, dans un contexte pourtant marqué par la stabilisation des tensions sur la dette italienne. Un niveau faible compte tenu de l’écart important, de 5 crans, entre les notes des deux pays. La Grèce semble surtout profiter du regain global d’appétit pour le risque avec une recul de spread exactement identique à celui du spread émergent EMBI depuis le début d’année.

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