EDF précisera sa nouvelle organisation fin 2019

le 15/02/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

EDF précisera sa nouvelle organisation fin 2019
(DR)

C’est, avec les tarifs et la préparation d’une version 2 du réacteur nucléaire EPR, le troisième grand chantier du prochain mandat de Jean-Bernard Lévy, dont la reconduction à la tête d’EDF lors de la prochaine AG ne fait plus de doute. Le PDG du producteur d’électricité a annoncé ce matin, lors de la présentation des résultats 2018, que le groupe soumettra une proposition de nouvelle organisation au plus tard six mois après la publication du décret d’adoption de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), ce qui devrait conduire en fin d’année 2019.

Jean-Bernard Lévy n’a fourni aucun détail sur la forme que pourrait prendre la réorganisation d’EDF. Il a simplement insisté sur le fait de maintenir un « groupe intégré », ce qui exclut une scission totale entre actifs de productions classiques (essentiellement nucléaires) et renouvelables.

« Certains actifs de production sont des actifs de souveraineté qui s'inscrivent dans la très longue durée, quasiment un siècle entre la gestation d'un projet et le démantèlement - les installations nucléaires par exemple », a souligné le PDG. « D'autres actifs s'inscrivent dans la transition énergétique décentralisée, avec des renouvelables proches des territoires, des services d'efficacité énergétique, la numérisation des relations avec nos clients et les réseaux (...) et sont d'une toute autre nature d'investissement », a-t-il ajouté.

Le schéma évoqué depuis la présentation de la PPE en novembre dernier évoque la constitution d’une société publique chapeautant deux filiales opérationnelles : l’une dotée des centrales nucléaires et de la vente d’électricité, l’autre en charge des énergies renouvelables. La société regroupant les centrales nucléaires bénéficierait d’un prix de l’électricité régulé, ce qui passera par une réforme du dispositif actuel (Arenh, accès régulé au nucléaire historique). La filiale dans les énergies renouvelables pourrait être monétisée grâce à l’entrée d’investisseurs minoritaires.

Pour permettre la mise en place de cette organisation, la présidence de la République avait évoqué en novembre l’idée d’un renforcement de l’Etat au capital d’EDF. L’Agence des participations de l’Etat (APE) détient actuellement 83,66% du capital d’EDF. Les parts entre les mains du public valent 6,9 milliards d’euros ce matin.

Pour faciliter cette transformation, sachant que les finances d’EDF restent contraintes (voir encadré), l’Etat s’est engagé lors du conseil d’administration d’hier, à percevoir les dividendes en actions. Cela porte sur le solde du dividende 2018 ainsi que sur les coupons qui seront payés au titres des exercices 2019 et 2020. Outre l’économie de cash, cette mesure renforcera mécaniquement les fonds propres d’EDF.

Les prévisions financières pour 2019 déçoivent

Le cours de l'action EDF chute de 5,46% à 14 euros ce midi à la Bourse de Paris en raison de perspectives de résultats inférieures aux attentes pour 2019. Le producteur d'électricité table sur un résultat brut d'exploitation (Ebitda) compris entre 15,3 milliards et 16 milliards d'euros en 2019 mais son PDG, Jean-Bernard Lévy, a espéré qu'il se situe à « un autre endroit de la fourchette que le point bas », qui correspond à une stagnation par rapport à 2018 (15,27 milliards d'euros). Les prévisions d'EDF pour 2019 sont « catastrophiques » même si ses bénéfices pour 2018 ont dépassé les attentes, ont réagi les analystes de RBC Capital Markets. Le consensus tablait en moyenne sur un Ebitda de 16,4 milliards pour 2019. EDF proposera lors de la prochaine assemblée générale un dividende en baisse, à 0,31 euro par action contre 0,46 euro par action en 2017. Cela représente un taux de distribution de 50%. Pour la période 2019-2020, EDF vise un taux de distribution de 45% à 50% de son résultat net.

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