La finance non bancaire continue de croître

le 05/02/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La part du «shadow banking» est au plus haut dans le système financier, selon le FSB, qui s’est penché cette année sur les prêts à effets de levier.

shadow banking finance de l’ombre
Plutôt que de «shadow banking», le FSB préfère parler d’«intermédiation financière non bancaire».
(Crédit Thinkstock.)

Les acteurs non bancaires continuent de se développer dans le système financier, à un rythme plus rapide que les acteurs traditionnels (banques centrales, banques, assureurs, fonds de pension et autres institutions financières publiques). Le «shadow banking» représente désormais plus de 30% des actifs financiers mondiaux, avec 116.600 milliards de dollars d’actifs, montre le dernier rapport du Conseil de stabilité financière (FSB) publié hier à partir de données à fin 2017. L’organisme international parle désormais d’«intermédiation financière non bancaire», jugeant le terme «shadow banking» trop connoté, mais appelle toujours à la vigilance face à des acteurs souvent moins surveillés que les banques et assurances.

Les acteurs non bancaires «deviennent des acteurs importants dans des domaines où les banques ont traditionnellement joué un rôle dominant», souligne Klaas Knot, président de la commission du FSB d’évaluation des vulnérabilités. «Les autorités doivent rester vigilantes face aux risques sur la stabilité financière» liés à ce type de financement, ajoute-t-il.

Des fonds susceptibles
de sorties en panique

Pour ce faire, le FSB distingue les activités les plus à même de développer des risques capables de menacer la stabilité financière, qu’il mesure à 51.600 milliards de dollars d’actifs, en hausse de 8,5% sur un an. Au sein de ce groupe, la gestion d’actifs est, de loin, le secteur le plus important, les véhicules collectifs d’investissements représentant 71% du total, en croissance de 9,1% sur l’année. Le FSB y regroupe tous les fonds «avec des caractéristiques les rendant susceptibles à des sorties en panique», mais souligne que tous ne sont pas soumis au même degré de surveillance. Les fonds monétaires y sont ainsi inclus au même titre que des fonds immobiliers ou obligataires. Ces derniers réalisent ainsi des transformations de liquidité et de maturité les rendant potentiellement vulnérables face à des demandes de sorties élevées en période de stress sur les marchés.

Le danger est d’autant plus important lorsque de tels fonds sont investis dans des marchés à la liquidité superficielle, rapidement asséchée en période de stress. Dans une étude de cas, le FSB se penche ainsi sur le marché des prêts à effets de levier, qui s’est développé au point de dépasser sa taille d’avant-crise. Le FSB s’inquiète de protections en baisse pour les investisseurs sur ce segment et appelle à recueillir davantage d’informations, notamment sur les CLO.

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