Emmanuel Macron se résout à faire des annonces d’«urgence économique et sociale»

le 11/12/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elles portent notamment sur le Smic, les heures supplémentaires et la CSG, mais pas sur l’ISF.

Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son adresse à la Nation le 10 décembre 2018.
Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son adresse à la Nation le 10 décembre 2018.
(Capture écran Elysée.)

Le chef de l’Etat est enfin sorti de son silence lundi soir, après dix jours de mutisme. Durant une allocution télévisée d’une dizaine de minutes, Emmanuel Macron a annoncé des mesures supplémentaires pour tenter de désamorcer trois semaines de conflits avec les «gilets jaunes». Il avait reçu les représentants des syndicats, du patronat et les associations d’élus locaux, convoqués en urgence la veille. Il a d'abord dit avoir entendu la «colère» des «gilets jaunes», puis, décrétant l’«état d’urgence économique et sociale», il a détaillé des mesures économiques, qui entreront en vigueur dès début 2019.

Principale mesure, «le salaire d'un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois» dès 2019, «sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur». Cette hausse sera donc à la charge de l’Etat et passera par la revalorisation accélérée de la prime d'activité, selon l’Elysée. Autre annonce, les heures supplémentaires seront versées «sans impôt ni charge dès début 2019». Elles avaient été refiscalisées en 2012 par François Hollande. De plus, il a invité «tous les employeurs qui le peuvent» à verser une prime de fin d'année à leurs employés, qui sera défiscalisée. Quant aux retraités, ceux touchant moins de 2.000 euros par mois verront la hausse de 1,7 point de la CSG, «subie cette année», annulée au 1er janvier prochain.

Emmanuel Macron a en revanche exclu un rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF), pourtant une des principales revendications des «gilets jaunes». Rappelant qu’il «a été maintenu pour ceux qui ont une fortune immobilière», avec l’IFI, créé fin 2017, il estime que «revenir en arrière affaiblirait» le pays. Mais il n’est pas fermé à d’autres mesures : il réunira mardi et mercredi les représentants des banques et des grandes entreprises pour leur demander de «participer à l'effort collectif», en discutant notamment d'efforts fiscaux. Il pourrait être question de revoir la «niche Copé», et de reporter la transformation du CICE en baisses de charges sociales.

Reste que toutes ces mesures auront un coût. Selon le secrétaire d'Etat Olivier Dussopt, elles coûteraient «de 8 à 10 milliards d'euros pour les finances publiques». L’annulation de la taxe carbone, déjà actée par l’exécutif, coûtera 4 milliards en 2019. Or l’Elysée devra maintenir son objectif de déficit public de 2,8% en 2019. Dès lundi soir, Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, se disait vigilant face à l'éventuel impact budgétaire des mesures annoncées par la France.

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