La sous-performance du marché actions européen se confirme

le 22/11/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré une correction un peu moins forte, l'indice EuroStoxx 50 chute de 6% depuis début 2017, alors que le S&P 500 reste en hausse de 17%.

Deutsche Börse à Francfort
L’indice européen EuroStoxx 50 a chuté de 10% depuis la fin du mois de septembre.
(Crédit Deutsche Börse.)

Si l’attention s’est plutôt portée sur le marché américain, et ses valeurs technologiques, le mouvement de correction des actions a également été particulièrement violent pour l’Europe. La chute de l’indice européen EuroStoxx 50, de 10% depuis la fin du mois de septembre, est certes légèrement inférieure à celle de 12% accusée par l’indice américain S&P 500, mais son mouvement de hausse avait aussi été nettement moins fort. Malgré le léger répit dont a bénéficié l’ensemble des marchés hier, l’EuroStoxx 50 affiche une performance négative de 6% depuis le début de l’année 2017, qui contraste avec la hausse du S&P 500 de 17% sur la période. Si ce dernier avait effacé début octobre sa chute de janvier, l’EuroStoxx 50 restait en baisse de 6%, et la chute récente n’a fait qu’accroître ses pertes.

La performance de l’indice actions européen est ainsi inférieure de 23 points de pourcentage à celle du S&P, mais également de 12,5 points à celle du MSCI Monde et de 12 points à celle du MSCI Marchés Emergents depuis début 2017. «Un rebond de court terme de l’économie européenne après plusieurs trimestres décevants pourrait soutenir les indices actions de la zone euro. Mais il existe cependant un potentiel très limité, dans la mesure où les attentes de résultats devraient continuer à être révisées à la baisse, et où les investisseurs porteront leur attention à partir du deuxième semestre 2019 sur la BCE qui devrait débuter son cycle de hausse de ses taux directeurs au mois de septembre, mais également sur les craintes concernant un ralentissement cyclique de l’économie américaine», alerte SG CIB.

Aux doutes sur la capacité des présidents américain et chinois à faire progresser leurs discussions commerciales vers une sortie de crise, s’ajoutent les craintes entourant l’issue du Brexit et la situation budgétaire de l’Italie, et la confirmation du ralentissement de la croissance en Europe. Ces événements ont renforcé l’aversion au risque des investisseurs qui s’est traduite par des ventes nettes d’actions et obligations de 29,1 milliards de dollars en octobre, de la part des fonds ETF et des fonds mutualistes, selon les chiffres publiés mardi par Morningstar. Il s’agit ainsi des sorties de capitaux mensuelles les plus fortes depuis l’été 2015, qui fut la dernière période de correction sur les marchés actions américains, qui avait vu le S&P 500 chuter de 11% en un mois.

Sur le même sujet

A lire aussi