Face aux assauts américains, la France veut porter la défense du multilatéralisme

le 10/10/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les rencontres du FMI et de la Banque mondiale verront à nouveau Paris défendre le multilatéralisme, sans avancées concrètes attendues.

Rencontres automnales 2018 du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale en Indonésie.
Rencontres automnales 2018 du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale en Indonésie.
(Photo IMF.)

Les tensions commerciales et leur impact sur l’économie mondiale seront de nouveau à l’ordre du jour des rencontres automnales du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, organisées de jeudi à dimanche à Bali, en Indonésie. Et comme au G7 de juin dernier ou lors de la dernière réunion de l’OCDE, la France va défendre un «multilatéralisme fort», indique une source à Bercy, face aux menaces américaines de mesures unilatérales. La réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et plus largement la défense du multilatéralisme, sera «un sujet essentiel de la présidence française du G7», qui débutera en janvier prochain, précise Bercy, aux côtés de la résilience du système financier en matière de cybersécurité et de la lutte contre les inégalités liées à la mondialisation.

Les diplomates français auront toutefois fort à faire pour convaincre les Américains de l’intérêt du multilatéralisme, comme l’illustre le sort de l’OMC. La Commission européenne a publié mi-septembre des propositions de réforme, visant notamment à «surmonter le blocage imminent du système de règlement des différends» de l'organisation, pour voir l’ambassadeur américain à l’OMC rejeter ces pistes de réformes au début du mois. En attendant, les Etats-Unis continuent de bloquer la nomination de juges au sein de la cour d’appel de l’organe de règlement des différends (ORD), qui statue en dernier ressort sur les litiges commerciaux entre Etats membres de l’organisation. Celle-ci compte sept juges en temps normal, et seuls trois seront encore en poste l’an prochain, le nombre minimum pour que la cour d’appel puisse fonctionner.

L’Union européenne rejoint les Etats-Unis sur plusieurs critiques, notamment concernant certaines jurisprudences de la cour d’appel, la défense de la propriété intellectuelle ou encore la prise en compte de la mainmise de l’Etat chinois sur son économie, mais «aujourd’hui les conditions ne sont pas réunies pour lancer une grande négociation multilatérale», reconnaît-on à Bercy. Une approche plus fragmentaire, centrée autour de coalitions de pays aux positions communes, semble actuellement privilégiée, même si Paris organisera le 16 novembre une conférence internationale sur le sujet.

Les réticences américaines à toute approche multilatérale ne devraient toutefois pas empêcher le G20 Finances de diffuser un communiqué commun à l’issue de sa réunion vendredi.

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