Le dollar perd encore un peu plus de son lustre

le 02/10/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les chiffres Cofer du FMI montrent la poursuite de la baisse du poids du dollar dans les réserves mondiales à 62,25% à fin juin, contre un point haut de 72,7% en 2001.

liasse de billets de 20 dollars américains
Malgré cette érosion, le statut de réserve du dollar n’est pas remis en cause.
(Photo Union européenne.)

La lente érosion de l’hégémonie du dollar se poursuit. Les chiffres Cofer publiés vendredi par le FMI montrent ainsi que le poids du dollar dans les réserves des banques centrales internationales a reculé à 62,25%, au cours du deuxième trimestre de l’année. Leur hausse à 6.550 milliards de dollars, moins forte que celle des réserves totales, qui ont atteint 11.480 milliards à fin juin, signifie cependant que les institutions ne se détournent pas du billet vert, mais diversifient plutôt leurs avoirs. Ce processus a pourtant eu pour effet de réduire le poids du dollar de près de 4 points depuis début 2015 et de plus de 10 points depuis son point haut de 72,7% atteint au cours de l’année 2001, pour ne plus se situer aujourd’hui qu’à moins de 2 points de son plus bas depuis 1995 atteint début 2011, à 60,9%.

Le poids de l'euro
reste stable

Ce processus n’a pas profité à l’euro dont le poids reste très stable autour de 20% depuis début 2015, même s’il est légèrement remonté à 20,26%, son plus haut niveau depuis fin 2014. «Les instituts de gestion de réserves restent prudents dans leurs achats en euro jusqu’ici. La grande mutation post crise financière est le recul des réserves en euro après le pic de 28% en 2009. S'ils sont stables à plus de 20%, les achats d’euro ajustés des changes et du prix des actifs révèlent un faible rebond depuis leur point bas de 19% atteint en 2016, les taux négatifs et les incertitudes politiques prenant le pas sur l’amélioration de valorisation, le processus de diversification de portefeuilles à long terme, et l’effet d’un changement de politique américaine sur le statut du dollar comme la principale devise de réserve mondiale», estime Citigroup.

L’euro n’est pas la seule alternative au dollar comme le montre l’augmentation de la part des réserves en livre sterling à 4,5%, à 0,4 point de son record historique atteint en 2008, et en yen, de 1,5 point depuis 3 ans à près de 5%. «Cette hausse du poids du yen et de la livre dans un contexte de politique ultra-accommodante au Japon et de risque sur le Brexit au Royaume-Uni renforce le possible fait que la confiance des investisseurs vis-à-vis du dollar commence à s’éroder», alerte Citigroup. S’il reste faible à 1,8%, le poids du yuan dans les réserves a augmenté rapidement, pour rejoindre celui du dollar australien et canadien. Face à la hausse du déficit budgétaire américain, «les investisseurs doivent être encore plus prudents en estimant que le statut de réserve du dollar ne sera jamais remis en cause», souligne Scope Ratings.

Sur le même sujet

A lire aussi