Un resserrement monétaire est attendu dans les pays émergents

le 11/09/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les marchés espèrent des gestes forts des banques centrales russe, argentine, brésilienne, turque et sud-africaine.

banque centrale argentine (BCRA)
La banque centrale argentine avait porté en août son taux de prêt au jour le jour de référence à un niveau de 60%.
(Crédit BCRA.)

Les investisseurs attendent de pied ferme les banques centrales des pays émergents. En pleine crise qui a commencé à se propager à l’ensemble de l’univers émergent, la banque centrale argentine (BCRA) va ouvrir le bal ce soir. Après avoir porté en août son taux de prêt au jour le jour de référence à un niveau de 60% pour freiner la chute libre du peso, son gouverneur Luis Caputo a tenté de rassurer les marchés vendredi, en indiquant que le pays a largement de quoi assurer ses besoins de financements pour 2019 grâce au soutien du FMI et aux nouvelles mesures de réduction du déficit budgétaire prises la semaine dernière par le gouvernement de Mauricio Macri afin de faire face à une contraction du PIB argentin qui devrait dépasser les 2%, et à une inflation qui devrait atteindre un niveau de 40%.

Les marchés suivront également de près la réunion de la banque centrale turque (CBT) qui se tiendra jeudi. Malgré le resserrement de ses conditions de liquidités, avec la hausse du coût de financement à 19,25%, l’autorité a indiqué la semaine dernière qu’elle pourrait à nouveau relever ses taux, suite à la hausse de l’inflation globale et sous-jacente à plus de 17%. Le consensus table ainsi sur 300 pb de hausse supplémentaire à 20,75% du taux repo à une semaine de référence, qui redeviendrait l’outil de financement des banques lors des adjudications de la CBT. Il s’agira d’un test sur sa crédibilité et son indépendance, face au ralentissement de l’économie à un rythme de 5,4% au deuxième trimestre, après 7,8% au premier, traduisant le risque croissant d’une entrée en récession avant la fin de l’année.

Or, les crises turque et argentine se sont propagées aux autres pays émergents les plus fragiles tels que le Brésil, l’Afrique du Sud et la Russie, où les fondamentaux économiques continuent de décevoir, et/ou le risque politique est élevé, avec une dépréciation de leurs devises supérieure à 20% depuis la fin du mois de mars. La banque centrale russe, qui se réunit vendredi, a même opéré un réajustement de son discours en brandissant récemment la menace d’un resserrement monétaire, alors qu’elle était jusqu’ici solidement ancrée dans son statu quo. Elle sera suivie la semaine prochaine par les banques du Brésil et d'Afrique du sud, qui avaient elles aussi jusqu’à présent opté pour le statu quo, mais pourraient entamer un cycle de resserrement, pour éviter de basculer dans une crise plus profonde.

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