Les marchés ont changé leur fusil d’épaule sur le dollar

le 04/05/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec le rebond récent du billet vert, les positions spéculatives sont passées en quelques jours d’un record à la vente à un record à l’achat.

billets de 20 dollars américains
Après plusieurs mois de baisse puis de stagnation, le dollar est reparti à la hausse.
(Crédit UE.)

Le dollar est reparti à la hausse, après des mois de baisse puis de calme plat. L’indice DXY mesurant l’évolution du billet vert face aux six autres principales devises du G7 s’est apprécié de 3,5% depuis le milieu du mois d’avril, et a même signé sa plus forte hausse mensuelle en avril depuis novembre 2016 pour repasser en territoire positif depuis le début d’année pour la première fois depuis janvier. Ce sont le yen et le dollar canadien qui ont le mieux résisté en ne reculant que de 2% depuis avril, contrairement à la livre sterling et à la couronne suédoise qui ont chuté de 6%, l’euro et le franc suisse ayant suivi la tendance de l’indice DXY. Des données économiques plus solides aux Etats-Unis que dans les autres zones favorisant un écartement des écarts de taux semblent à l’origine de ce retournement.

Fragilité des devises émergentes

Alors que les marchés s’interrogent sur la pérennité du rebond du dollar, le retour du Risk Reversal 3 mois sur le DXY en territoire positif, à son plus haut niveau depuis juin 2017 lorsque l’indice DXY était de 97, montre un renversement des anticipations du marché des options de changes à la faveur d’une poursuite du mouvement. «Les investisseurs de court terme ont violemment ajusté leurs positions ces derniers jours pour redevenir acheteurs du dollar, dans des proportions extrêmes, après des positions vendeuses records atteintes le mois dernier. Même la position des investisseurs long terme donne des signes d’inflexion», ajoute Citigroup. Parallèlement, les dernières données de la CFTC montraient des positions vendeuses records sur le T-Note à 10 ans, alors que le rendement tutoie désormais le seuil de 3%.

Si les devises émergentes ont légèrement mieux résisté, avec une baisse moyenne de 3%, l’accès de faiblesse récent n’a fait qu’accentuer la fragilité de certaines d’entre elles, et fait plier celles qui avaient jusqu’ici résisté. Depuis leur point haut de l’année atteint mi-février, la livre turque, le real, et le rouble, accusent des dépréciations de plus de 10%, alors que le rand sud-africain, et le zloty polonais, encore en hausse contre dollar depuis le début d’année en avril, sont passés en territoire négatif. Le recul des tensions internationales, marqué tant par le début des négociations sino-américaines sur les contours de leurs futures relations commerciales que par la volonté de Washington de trouver un nouvel accord sur l’Aléna, ont permis au peso mexicain et au yuan de conserver leurs gains depuis le début de l’année.

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