Les voyants sont au vert, estime la Réserve fédérale

le 12/04/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans ses minutes, le comité monétaire évoque l’accélération du rythme de hausse des taux, mais prend en compte les risques commerciaux.

La Réserve fédérale à Washington. Détail de la salle de réunion du board.
La Fed n’envisage pas de faire une pause ou de ralentir le rythme de hausse des taux d’intérêt.
(Photo Fed.)

Une belle unanimité. Si l’on en croit les minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) des 20 et 21 mars, l’ensemble de ses responsables a estimé que la croissance de l’économie des Etats-Unis allait se poursuivre et que l’inflation – qui reste toujours loin de l’objectif à moyen terme de 2% – augmenterait dans les mois à venir.

Plusieurs membres du FOMC ont souligné à l’occasion de cette réunion, qui a vu le comité relever à l’unanimité d’un quart de point sa fourchette de taux directeur, les perspectives économiques plus dégagées de l’économie et leur plus grande confiance dans la reprise de l’inflation, ce qui impliquait que «le rythme approprié pour les taux des federal funds pour les prochaines années serait vraisemblablement un peu plus élevé que ce qu’ils attendaient précédemment», révèlent les minutes. Le compte-rendu révèle également que certains membres ont évoqué la possibilité de revoir les éléments de langage pour «mettre en évidence le fait que […] la politique monétaire puisse in fine passer graduellement d’une orientation accommodante vers une position plus neutre, voire un facteur restrictif envers l’économie américaine».

Le comité éprouve toutefois des difficultés à faire la part des choses pour déterminer une politique monétaire qui s’accorde à une économie dopée par des baisses d’impôt et des dépenses budgétaires à un moment où le chômage est faible et la croissance, selon eux, supérieure à ce que l’économie peut supporter à long terme sans surchauffe. Ses membres ont exprimé leur circonspection face à la politique fiscale généreuse, mais aussi à l’agressivité commerciale de l’administration Trump. «Les participants n’ont pas estimé que les taxes sur l’acier et l’aluminium allaient, en elles-mêmes, avoir des conséquences importantes sur les perspectives économiques nationales, indiquent les minutes. Mais une importante majorité de participants considère que la perspective de mesures de rétorsion commerciales venant d’autres pays, ainsi que d’autres sujets et incertitudes associées aux politiques commerciales comme un facteur négatif pour l’économie américaine».

Après la publication des minutes, les trois grands indices américains ont perdu du terrain. «Les investisseurs espéraient qu’en raison de toutes les turbulences sur le marché provoquées par les incertitudes géopolitiques, la Fed aurait envisagé de faire une pause ou de ralentir le rythme de hausse des taux d’intérêt», explique à Reuters John Carey, gérant de portefeuille chez Amundi Pioneer Asset Management.

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