Londres échoue à convaincre de son dynamisme économique

le 14/03/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré un relèvement des perspectives de PIB, le Royaume-Uni devrait enregistrer la plus faible croissance des pays du G20 en 2018.

Philip Hammond  chancelier de l'Échiquier du gouvernement de Theresa May.
Philip Hammond, chancelier de l'Échiquier, en route vers le Parlement pour présenter le Spring Statement.
(Photo P. Hammond/UK)

Il aura fallu moins de trente minutes à Philip Hammond pour délivrer hier le Spring Statement, une actualisation semestrielle du budget. Le ton était enjoué : le chancelier de l’Echiquier n’a pas manqué de réitérer l’idée, évoquée durant le week-end, qu’il «voyait de la lumière au bout du tunnel», allusion à la possible augmentation des dépenses publiques lors du budget d’automne après huit ans d’austérité.

Pour autant, les économistes n’ont guère été convaincus. «Peu de bonnes nouvelles dont il faut se réjouir sur le front économique, a expliqué Lucy O’Carroll, économiste en chef au sein d’Aberdeen Standard Investments. Des perspectives de croissance consternantes par rapport au passé. Une dislocation potentielle massive pour l’économie qui arrive à grands pas. Et l’ensemble reste soumis à d’énormes incertitudes liées au Brexit.»

Parmi les points positifs, le Chancelier de l’Echiquier a évoqué le relèvement du PIB pour cette année à 1,5% comparé à des anticipations de 1,4%, réalisées par l’OBR, l’organisme indépendant qui détermine le cadre macroéconomique du budget. Pas de quoi cependant faire oublier que le Royaume-Uni devrait enregistrer cette année la croissance la plus faible parmi tous les pays du G20, selon des prévisions publiées hier par l’OCDE et qui tablent sur une hausse poussive de 1,3%. «Si les prévisions de l’OBR sont correctes, nous nous apprêtons à voir la première période de cinq années consécutives depuis la Seconde Guerre mondiale où la croissance ne parvient pas à dépasser 1,5%», souligne Howard Archer, économiste en chef au sein de EY Item Club.

Ce léger relèvement de croissance va cependant permettre au gouvernement britannique de réduire les besoins de financement du pays : le déficit budgétaire prévu pour 2017-2018 a ainsi été revu à la baisse à 45,2 milliards de livres, comparé à une prévision de 49,9 milliards en novembre. Même constat pour les années suivantes. Les finances publiques devraient néanmoins encore afficher un léger déficit en 2022-2023, selon l’OBR.

Le Brexit s’est aussi invité dans les prévisions : dans ses perspectives, l’OBR chiffre à 37,1 milliards de livres la facture pour le Royaume-Uni, dont environ 75% devraient être exigibles d’ici à 2022-2023. En décembre, le Trésor avait estimé ce coût dans une fourchette allant de 35 à 39 milliards de livres.

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