L’Allemagne s’approche de la sortie de l’impasse politique

le 15/01/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’accord préliminaire conclu vendredi en vue de former un gouvernement de coalition devra être approuvé lors d'un congrès extraordinaire du SPD le 21 janvier.

Angela Merkel, la chancelière allemande, lors du Conseil européen de décembre 2017.
La chancelière Angela Merkel se trouve maintenant en meilleure posture pour réaliser un quatrième mandat.
(Photo UE European Council.)

Après des tractations infructueuses ayant duré plus de trois mois, la perspective de former un gouvernement de «grande coalition» a désormais gagné en crédibilité outre-Rhin. Les conservateurs (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel et le parti social-démocrate (SPD) ont pu établir vendredi un document de 28 pages fixant le cadre de futures discussions formelles à cet effet.

Le texte de cet accord préliminaire sera soumis le 21 janvier à l'approbation des délégués du SPD à l’occasion d'un congrès extraordinaire dont l'issue demeure à ce stade incertaine, après quoi les négociations détaillées en vue d’élaborer un programme de coalition pourront débuter. Ces dernières «ne seront probablement pas plus faciles que les discussions exploratoires», a déclaré Angela Merkel, désormais en meilleure posture pour réaliser un quatrième mandat. Horst Seehofer, dirigeant de l'Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise, a de son côté estimé qu'un nouveau gouvernement pourrait être formé d'ici à Pâques.

«En étroite collaboration avec la France, nous voulons renforcer de manière durable et réformer la zone euro, de manière à ce que l'euro résiste mieux aux crises mondiales», souligne le document, selon lequel l'Allemagne serait également prête à augmenter sa contribution au budget de l’Union européenne. Les partis concernés souhaitent notamment transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en un fonds monétaire européen et se prononcent pour des «fonds spécifiques» consacrés à la stabilisation économique, la convergence sociale et la réforme structurelle de la zone euro. Ces fonds pourraient constituer la base d'un futur «budget d'investissement» de la zone euro. Le texte vise également la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières.

En politique intérieure, les deux formations ont proposé de ne pas augmenter les impôts sur la prochaine législature. Elles comptent même d’ici à 2021 réduire de 10 milliards d’euros la taxe de solidarité qui avait été instituée après la réunification de 1990 pour aider les Länder de l’Allemagne orientale. Le niveau actuel des retraites (48%) serait préservé jusqu’à 2025, le texte prévoyant également un retour au financement paritaire de l’assurance-maladie entre employeurs et salariés. La construction d’un réseau national à très haut débit devrait être réalisée d’ici à 2025. En matière d’immigration, il est prévu un quota maximal de 220.000 réfugiés par an.  

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