Les gérants voient les taux longs rebondir à nouveau

le 02/01/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La stabilité des taux longs hors zone euro a surpris les panélistes en 2017, de même que la dynamique d’appréciation de l’euro.

La banque d'Angleterre à Londres
La Banque d’Angleterre avait créé la surprise en haussant ses taux en novembre.
(Photo UE European Commission.)

La «forward guidance» fonctionne, du moins auprès des panélistes de L’Agefi. Dans leur grande majorité, les prévisions à six mois établies début juillet sur les taux directeurs des principales banques centrales ont visé juste. Seule la Banque d’Angleterre a surpris avec sa hausse de taux en novembre, uniquement anticipée en juillet dernier par Aurel BGC, La Banque Postale et OFI AM. Pour les six prochains mois, les panélistes s’attendent à ce que la Fed seule resserre ses taux directeurs, se divisant à parts égales entre partisans d’une et de deux hausses d’ici juillet. Côté britannique, Aurel BGC, Groupama AM, Lazard Frères et OFI AM sont les seuls à voir la BoE relever une fois de plus ses taux.

Le tassement des taux américains à 10 ans, passés en un an de 2,45% à 2,41%, et des taux britanniques, passés de 1,23% à 1,18%, a toutefois échappé aux panélistes, qui s’attendaient en grande majorité à ce que s’enclenche l’année dernière un mouvement généralisé de remontée. Les rendements allemands sauvent la mise, passant en un an de 0,19% à 0,41%, ce qui reste cependant bien inférieur au niveau anticipé par le Panel en juillet dernier de 0,76%.

Ce n’est que partie remise pour les panélistes, qui s’attendent désormais à ce que les taux longs engagent cette année leur ascension, bien qu’à un rythme modéré. Alors que trois panélistes anticipaient début 2016 que le rendement des Treasuries atteindrait les 3% au cours de l’année 2017, les prévisions sont beaucoup moins dispersées en ce début d’année 2018, allant de 2,50% à 2,85% d’ici à six mois. La dispersion est similaire pour le Bund allemand, les anticipations allant de 0,50% à 0,85% d’ici à six mois. L’absence de consensus est sensible au Royaume-Uni, avec des prévisions s’étalant entre 1,20% et 1,75% d’ici six mois.

Côté devises, la principale tendance qui a animé le forex en 2017 a pris les panélistes de revers, qui anticipaient début 2017 un tassement de l’euro-dollar vers les 1,03, près d’un tiers du panel allant alors même jusqu’à pronostiquer la parité dans les six mois. Pour le semestre à venir, les panélistes misent sur une relative stabilité, les prévisions allant à de 1,12 à 1,25, pour un niveau de 1,20 au 29 décembre. En revanche le panel avait correctement anticipé la quasi-stabilité du taux de change euro/sterling, passé de 0,85 à 0,88 en 2017. L’appréciation de l’euro face au sterling devrait se poursuivre sur un rythme lent selon les panélistes, qui s’attendent à le voir atteindre 0,90 d’ici six mois.

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(Illustration L'Agefi.)
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