Les Européens sont prêts à entamer la phase 2 des négociations pour le Brexit

le 14/12/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les Vingt-Sept estiment les questions prioritaires bien avancées. Mais Westminster vient entraver Theresa May.

Préparatifs du Conseil européen à Bruxelles.
Le Conseil européen se réunit les 14 et 15 décembre à Bruxelles pour aborder, notamment, les questions liées aux négociations du Brexit.
(Photo UE European Council.)

Enfin ! Après plusieurs mois de négociations difficiles, le Conseil européen devrait ouvrir demain la voie à la seconde phase des négociations du Brexit. Les «lignes directrices» qui doivent être adoptées lors d'une session des 27 chefs d'Etat, et que L'Agefi a pu consulter, reconnaissent d'emblée que des «progrès suffisants» ont été accomplis sur les questions prioriaires (budget, droits des citoyens, frontière irlandaise), comme annoncé la semaine dernière par la Commission européenne. L'intérêt de ces «lignes directrices» réside dans la suite.

Premièrement, les Européens acceptent le principe d'une période de transition de deux ans après la sortie du Royaume-Uni. Ils précisent que cette période doit être «dans l'intérêt de l'Union européenne», qu'elle sera «limitée dans le temps», et qu'elle impliquera l'application par Londres de tout le droit européen – y compris la jurisprudence de la Cour de justice de l'UE, une contribution au budget européen et l'interdiction de conclure des accords commerciaux (le commerce est une compétence exclusive de l'UE). Le texte précise également que Londres ne pourra plus participer aux décisions politiques européennes, même si un statut d'observateur peut être négocié pour certaines agences. «Cet accord de transition, ce sera 'tout, sauf les institutions'», résume un diplomate européen.

Deuxièmement, les 27 se disent prêts à lancer des discussions sur le futur accord commercial qui les liera au Royaume-Uni après le départ de ce dernier. Cela devrait se faire à partir de mars 2018, une fois adoptées des lignes directrices spécifiques à ce sujet. Ils précisent toutefois dès maintenant qu'ils espèrent conserver un partenariat «étroit» avec l'Angleterre.

C'est là que les difficultés pourraient commencer. Jusqu'à présent, les 27 ont fait preuve d'unité, mais la négociation du futur accord commercial pourrait réveiller des intérêts divergents. «Il risque d'y avoir un Etat qui veut quelque chose sur l'aviation, un autre sur les services financiers, un autre sur le commerce des biens, etc..., reconnaît une source européenne. Même si c'est difficile, il faudra maintenir notre unité».

Reste à savoir dans quel état d'esprit la Première ministre Theresa May abordera les négociations: le Parlement britannique lui a infligé un camouflet hier soir en votant à une courte majorité un texte l'obligeant à faire adopter par Westminster tout accord qu'elle serait susceptible de trouver avec Bruxelles.

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