La Chine fait sauter les verrous de son système financier

le 13/11/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pékin effectue un pas important vers l'ouverture en autorisant les sociétés étrangères à détenir jusqu'à 51% du capital de ses entreprises financières.

L'entrée de l'immeuble du lobby du secteur financier à Shanghai.
Siège à Shanghai du lobby de la finance chinoise, secteur que Pékin va ouvrir davantage aux étrangers.
(Photo EU-EC Gabriel Gauffre)

La Chine se donne cinq ans pour ouvrir son système financier. Le plafond des participations des sociétés étrangères dans les coentreprises de courtage de valeurs mobilières et de dérivés, et de fonds d'investissement, ainsi que dans les banques et les gérants d’actifs a été relevé à un niveau de 51%, avec un effet immédiat, ce qui leur permettra désormais de devenir majoritaires. Ce nouveau plafond sera entièrement supprimé au bout de 3 ans, hormis pour les banques et les gérants d’actifs, et étendu aux compagnies d'assurance vie après un délai de 3 ans, puis levé au bout de 5 ans. Le vice-ministre des finances chinois, Zhu Guangyao, a ainsi fortement insisté sur le fait que les règles qui empêchent actuellement les étrangers de détenir une participation majoritaire dans les banques chinoises seront supprimées.

«La décision du gouvernement chinois d’autoriser les sociétés étrangères d’acquérir jusqu’à 51% des actions des coentreprises représente un pas important vers l’ouverture du système financier chinois», estime UBS, qui compte ainsi en profiter pour accroître son poids au sein de UBS Securities. Le poids des banques étrangères dans les actifs des établissements chinois a fondu à 1,26% à la fin de l’année 2016 (soit un montant de 2.900 milliards de yuans), le plus bas niveau depuis 2003, après avoir atteint 2,4% en 2007. Lassés d’attendre un geste de Pékin, Citigroup et Deutsche Bank ont cédé l’an dernier leurs participations de 20% au sein de China Guangfa Bank et Hua Xia Bank, après Goldman Sachs et Bank of America en 2013. HSBC a conservé 19% dans Bank of Communications.

Cette décision est intervenue juste après la visite de Donald Trump à Pékin placée sous le signe d’une volonté partagée de rééquilibrage des échanges bilatéraux entre les deux pays et dans un contexte où les investissements étrangers en Chine se tassent, alors que ceux de la Chine à l'étranger ont accéléré et notamment dans la finance. Malgré un renforcement des contrôles des changes, les sorties de capitaux se sont poursuivies à un rythme cependant en net ralentissement, estimé par Natixis à 80 milliards de dollars au cours du troisième trimestre. Deutsche Bank pense que cette nouvelle mesure d’ouverture du capital des banques chinoises devrait permettre de «faciliter les entrées de capitaux directs étrangers, et ainsi de compenser une partie des mouvements de flux sortants».

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