La crise en Catalogne s’envenime

le 27/10/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

Parlement de Catalogne à Barcelone.
(Photo Parlament de Catalunya.)

Le Parlement de Catalogne a adopté vendredi une résolution déclarant la région un «Etat indépendant prenant la forme d'une République», une rupture sans précédent en Espagne, à laquelle Madrid a riposté en mettant la région sous tutelle. Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a immédiatement réagi au vote en promettant sur Twitter de «restaurer la légalité» en Catalogne. A Barcelone, les élus et quelque 200 maires indépendantistes entonnaient pendant ce temps l'hymne nationaliste, en criant «Vive la Catalogne!».

La Bourse de Madrid a brutalement chuté à la suite de ces annonces et les rendements obligataires du pays se sont orientés en nette hausse. L'indice Ibex 35 recule de 1,6% après avoir perdu jusqu'à 2% à l'annonce de la déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne. Le repli des banques espagnoles pèse sur l'indice Eurostoxx des valeurs bancaires de la zone euro, qui perd 1,2%. Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d'Etat espagnols à 10 ans a grimpé jusqu'à 1,619% avant de revenir autour de 1,582%. L'écart de rendement entre l'emprunt espagnol à 10 ans et le Bund allemand de même échéance s'est élargi jusqu'à plus de 121 points de base. L’euro s’inscrit pour sa part en baisse de 0,6% face au billet vert, à 1,1579 dollar.

La résolution a été adoptée en l'absence de l'opposition, qui avait quitté l'hémicycle, par 70 voix pour, dix voix contre et deux abstentions. Les partis séparatistes - allant de l'extrême gauche au centre droit - sont majoritaires en sièges (72 sur 135) au parlement, bien qu’ils n’aient obtenu que 47,8% des suffrages aux dernières élections régionales de 2015.

Quelques minutes plus tard, le Sénat espagnol a voté en faveur de la mise en œuvre de l'article 155 de la Constitution, qui permet de mettre sous tutelle la région, un événement également sans précédent en Espagne depuis que la démocratie a été rétablie en 1977. Dans la foulée, Mariano Rajoy a convoqué un conseil des ministres extraordinaire pour mettre en œuvre les mesures qui en découleront.

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