La crise catalane pénalise les actifs espagnols

le 03/10/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'absence de calendrier politique de sortie de crise entre Barcelone et Madrid justifie la prudence sur les actions et obligations espagnoles.

Bourse de Madrid
La Bourse de Madrid, dont l’indice Ibex 35 a été le seul en Europe à clôturer en repli.
(Photo UE/Parlement européen.)

L’escalade entre Madrid et Barcelone fait enfin réagir les investisseurs. Le vote d’une minorité de Catalans (43% de participation) ce dimanche en faveur de l’indépendance, à 90%, lors d’un scrutin émaillé de violences, a pesé hier sur les actifs financiers espagnols. Les rendements à 10 ans se sont tendus de plus de 10 points de base en séance hier, creusant de 14 pb le spread avec l’Allemagne et entraînant à leur suite les taux italiens et portugais. L’indice Ibex 35 a en revanche été le seul à clôturer en repli en Europe, perdant 1,21%, tiré à la baisse par les banques implantées en Catalogne, comme Caixabank (-4,43%) et Banco Sabadell (-4,53%). Ce climat semble aussi avoir jeté un froid sur le marché primaire du crédit corporate, où aucune émission n’a eu lieu.

Carles Puigdemont, le président de l’exécutif catalan, a appelé à une médiation européenne, qui apparaît aujourd’hui comme l’un des moyens de sortir par le haut de la crise pour les deux parties. Un porte-parole de la Commission européenne, tout en appelant au «dialogue», a rappelé hier le caractère «illégal» du référendum.

Réformer
la Constitution de 1978 ?

La solution pourrait venir d’une réforme de la Constitution de 1978, donnant plus de pouvoirs aux régions autonomes. Mais dans l’immédiat, Carles Puigdemont reste déterminé à proclamer l’indépendance, ce qui pourrait forcer le Premier ministre Mariano Rajoy à activer l’article 155 de la Constitution – du jamais-vu – permettant au gouvernement central de mettre la communauté autonome sous tutelle. Il lui faudrait pour cela obtenir la majorité absolue au Sénat, et donc trouver un terrain d’entente avec le Parti socialiste et Ciudadanos.

«Pour lever les incertitudes et rassurer les marchés, il faudrait que Barcelone et Madrid parviennent rapidement à publier un calendrier politique de résolution de cette crise», estime pour sa part Jesus Castillo, économiste chez Natixis, dans une tribune publiée sur agefi.fr. D’ici là, la prudence devrait prévaloir à court terme vis-à-vis des actifs espagnols, et notamment des actions les plus exposées à l’économie de la région.

«Si la crise continue longtemps, le redressement spectaculaire de l’économie espagnole pourrait aussi être entravé», soulignent les économistes d’ING. Pour l'heure, les agences de notation n'ont pas révisé leurs perspectives. 

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