Le marché des green bonds reste trop concentré

le 08/08/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une poignée de pays et d'émetteurs représente encore la très grande majorité des émissions d’obligations vertes.

Les banques veulent démocratiser les émissions de «green bonds» - Photo : Fotolia

Le marché des green bonds tend à se normaliser. Après plusieurs trimestres de très fortes accélérations, liées au statut naissant de ces produits, la croissance des émissions a ralenti. Lors des quatre derniers trimestres, les volumes ont progressé de 24% selon la dernière étude de Moody’s. La croissance s’élevait à 170% au cours des quatre trimestres précédents. «L’augmentation des volumes est facilement absorbée, comme pour les obligations non vertes», indique Moody’s. Et si «la profondeur du pool d'investisseurs en green bonds n'a pas encore été testée», l’agence de notation estime que ce marché est potentiellement «très profond et qu’il se développe chaque mois un peu plus».

Au deuxième trimestre 2017, 32,2 milliards de dollars de green bonds ont été émis, contre 29,5 milliards au premier trimestre. Ce dernier montant avait été gonflé par les 7 milliards d'euros placés par la France, plus grosse émission de green bonds à ce stade. Ce marché tend à se démocratiser. 116 émissions ont été réalisées au deuxième trimestre, après les 85 du début d’année. La taille moyenne d’une émission est tombée à 278 millions de dollars, 80 millions de moins qu’au premier trimestre.

La Chine, la France et les Etats-Unis
accaparent plus de 45% du marché

Mais malgré cette descente en taille, le marché des green bonds reste encore l’apanage des grands pays financiers. La Chine a représenté à elle seule 21% des émissions du deuxième trimestre, devant les Etats-Unis (18%) et les Pays-Bas (11%). Cette concentration est flagrante sur une plus grande période. Selon les chiffres de Thomson Reuters, la Chine, la France et les Etats-Unis ont représenté 45,5% du marché des green bonds depuis son ouverture réelle en 2011. Leur part de marché cumulée est encore de 46% au premier semestre.

Cette concentration constitue, selon Fitch, le principal défi de ce marché, d’autant que les gérants de fonds green bonds appliquent leur propre sélectivité. Leur portefeuille est donc encore plus concentré, en secteurs ou en notations. Selon Fitch, la faiblesse du champ des possibles complique ainsi la tâche des gérants, avec le risque que la gestion passive vienne cannibaliser leur activité. Lyxor a lancé un peu plus tôt dans l’année le premier ETF du marché des green bonds.

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