La livre sterling reprend des couleurs avant le «Super Thursday» de la BoE

le 02/08/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La devise a pris 10% face au dollar depuis janvier, avant la réunion de la BoE demain, accompagnée de son rapport trimestriel d'inflation.

La banque d’Angleterre, Threadneedle Street, London.
(Crédit BoE.)

Le nouveau statu quo attendu de la BoE, à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire (MPC) qui se tient demain et qui sera accompagné de la publication du rapport trimestriel sur l’inflation au Royaume-Uni, nommée Super Thursday, coïncide avec un rebond de la livre sterling. La devise s’est appréciée de 5% face au dollar depuis mi-juin et de 10% depuis janvier pour remonter à son plus haut depuis septembre dernier. «Si les investisseurs dans la sphère réelle poursuivent leurs achats de livre entamés depuis plusieurs semaines, les fonds à effet de levier sont redevenus vendeurs nets, après avoir été à l’achat depuis début juin, après les derniers chiffres d’inflation et après le retour au calme des rendements, allant à l’encontre des discours faucons de membres du MPC», explique Citigroup.

Les dernières prévisions de la BoE dressées en mai suggéraient un rythme de croissance du PIB de 1,6% cette année, puis 1,8% en 2018 et 2019, et d’inflation stable à 2,6% en 2017 et 2018, avant un retour à un niveau proche de sa cible de 2,1% en 2019. Or, le consensus prévoit que l’autorité revise ses anticipations de croissance à la baisse et celles d’inflation à la hausse, ce qui compliquerait ainsi encore davantage son équation et accentuerait la division entre ses membres. Les deux chaises vacantes dans le MPC ont été comblées, avec la nomination de Sir Dave Ramsden comme gouverneur adjoint, et de Silvana Tenreyro. Si la dernière réunion a montré un vote très divisé, le consensus table sur le retour d’une forte majorité pour le statu quo avec seulement deux dissidents.

«Les autorités devraient s’attendre à un affaiblissement de la devise du fait de la normalisation de la part des autres banques centrales internationales, une allusion à son niveau trop élevé n’étant pas à exclure», estime Citigroup. Si la livre s’est fortement réappréciée, elle a surtout profité de la faiblesse récente du dollar liée à la déception sur la mise en œuvre des programmes de relance budgétaire qui avaient été promis par le président américain Donald Trump, ainsi que par la révision à la baisse des anticipations de hausse des taux de la Fed. La devise britannique a ainsi fortement chuté contre euro, de 7% depuis avril pour revenir à seulement 2% de son plus bas historique atteint en novembre 2016, pénalisée par le renforcement des attentes d’un prochain ralentissement des achats de la BCE.

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