La Chine clarifie les règles du Bond Connect avec Hong-Kong

le 14/06/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le montant minimum d’ordres requis pour les investisseurs étrangers a été fixé à un million de yuans, avec un pouvoir de sanction en cas de fraude.

drapeaux devant le district financier de Hong-Kong.
Quartier financier de Hong-Kong.
(Photo UE Commission européenne.)

Le «China - Hong Kong Bond Connect» est sur la rampe de lancement. L’autorité chinoise du marché des changes (CFETS) a publié lundi les règles qui régiront la connexion obligataire directe entre les deux places, censée ouvrir le marché obligataire chinois. Le montant minimum d’ordres requis pour les investisseurs étrangers souhaitant utiliser la plate-forme a été fixé à un million de yuans (soit 130.000 euros). En outre, la CFETS se réserve le droit de mener les enquêtes nécessaires en cas de violation des règles de trading ou de divulgation d’informations régissant le marché obligataire et interbancaire du pays, ou de suspendre voire révoquer les autorisations de traiter pour les investisseurs menant des activités jugées «anormales», ou se rendant coupables de délits d’initiés ou de manipulation de cours.

Ces règles préliminaires concernent uniquement le «Northbound», la partie du Bond Connect allant de Hong Kong vers la Chine continentale, qui devrait être lancée officiellement le 1er juillet, à l’occasion du 20e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Les premiers échanges devraient débuter dès le lundi 3 juillet selon la rumeur, même si aucune date n’est officiellement fixée. Hong Kong s’est muni d’une entité, détenue à 60% par le CFETS et à 40% par le HKEX, qui accompagnera les investisseurs Northbound. De son côté, le directeur général de la Bourse de Hong Kong, Charles Li, a précisé que le pont allant de la Chine vers Hong Kong «ne devrait pas intervenir avant au moins deux ans tant que les conditions monétaires hors de Chine seront aussi laxistes qu’elles le sont aujourd’hui».

Si les participants n’auront pas besoin d’ouvrir de comptes de règlement onshore et pourront continuer de traiter avec leur dépositaire international et utiliser le yuan offshore ou toute autre devise étrangère pour les paiements sans limite de quota, les investisseurs étrangers sont inquiets sur le rapatriement des fonds et sur les contrôles de capitaux en Chine. Avec un poids d’acteurs étrangers limité à moins de 2%, le marché obligataire chinois qui pèse 10.000 milliards de dollars souffre d’une faible liquidité, ses volumes ne représentant que 7% de ceux du marché américain, selon Bloomberg. Cette situation s’est en outre aggravée avec le durcissement monétaire de la PBoC visant à freiner l’endettement des sociétés, qui ont annulé un montant record de 200 milliards de yuans d’émissions ces deux derniers mois.

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