Les gérants d’actifs européens se distinguent en Chine

le 25/04/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les établissements européens ont le mieux réussi cette année dans la gestion d’actifs chinoise. Mais pas les français.

Les gérants d’actifs européens se distinguent en Chine
Allianz GI affiche une progression impressionnante en passant de la 14e à la 7e place.
(Photo DR.)

La redistribution des cartes est rapide dans la gestion d’actifs en Chine. En 2016, sept gérants mondiaux, dont Goldman Sachs, ont quitté le top 25 du pays, selon le classement publié hier par Z-Ben, un cabinet basé à Shanghai. Il prend notamment en compte le volume d’actifs gérés pour le compte d’investisseurs chinois, les montants investis dans des coentreprises avec des prestataires locaux, et la force des partenariats de distribution avec des banques chinoises.

En 2016, les gérants européens ont été «les plus grands gagnants» de la volatilité du marché. Dans le détail, JPMorgan et UBS ont gardé leur première et deuxième places respectives, suivis par HSBC qui s’est hissé de la sixième à la troisième place. Parmi les progressions les plus impressionnantes, Allianz GI est passé de la 14e à la 7e place et Morgan Stanley de la 20e à la 8e place.

Une nécessaire approche
multidisciplinaire

Le principal défaut des gérants en Chine est d’échouer à réaliser des effets de taille. Réussir «demande une approche multidisciplinaire, explique Peter Alexander, directeur général de Z-Ben. Si un gérant est trop concentré sur un segment, il court le risque de perdre son avantage compétitif lorsque les conditions de marché changent durant l’année. […] Par exemple, cette année l’accès au marché chinois s’est élargi, mais les gérants mondiaux aidant les investisseurs chinois à investir à l’étranger ont rencontré plus de difficultés. Si un établissement a favorisé le deuxième aspect au détriment du premier, il a perdu du terrain».

Ainsi, les banques françaises ont quitté le top 10 : BNP Paribas est passée de la 3e à la 11e place et la Société Générale de la 7e à la 19e place. Amundi n’atteint pas le top 25. «Ici encore, observe Peter Alexander, nous sommes face à un gérant mondial, qui a une participation minoritaire dans une coentreprise chinoise – un investissement très profitable, au demeurant – et quelques lignes d’activités additionnelles. Mais ces dernières fonctionnent de manière périphérique. Il faudrait assembler les différents morceaux pour construire une stratégie chinoise plus holistique». Seul Axa IM s’en est bien sorti, passant de la 23e à la 18e place.

Les actifs gérés pour le compte d’investisseurs professionnels par des sociétés de gestion privée en Chine ont progressé de 54,6% à 398 milliards de dollars en 2016. Au total, les actifs placés dans des fonds mutuels en Chine ont dépassé 1.500 milliards de dollars, contre 400 milliards en 2010. Ils devraient atteindre 3.000 milliards en 2021, selon Z-Ben.

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