Mario Draghi ne voit pas de raison de changer de politique

le 06/04/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi lors de la réunion du conseil des gouverneurs à Vienne le 2 juin 2016.
(Crédit ECB.)

La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas prévu de remonter ses taux d’intérêt dans l’immédiat. Son président Mario Draghi et son économiste en chef, Peter Praet, ont réaffirmé ce matin que la banque maintiendra pendant un certain temps encore sa politique monétaire ultra-accommodante, axée sur des rachats d'actifs et des taux à des plus bas record, car elle n'est pas convaincue du retour de l'économie de la zone euro à une croissance solide et durable. Cette déclarations, confirméee dans les minutes de la dernière réunion de la BCE publiées en fin de matinée, laissent penser que la BCE ne changera pas de discours ce mois-ci même si l'Allemagne ne cesse de réclamer un dénouement progression de sa politique dite d'assouplissement quantitatif (QE).

« Je ne vois aucune raison de dévier des indications que nous avons régulièrement données dans la déclaration introductive de nos conférences de presse », a déclaré Mario Draghi jeudi, lors d'une conférence universitaire donnée à Francfort. « Avant de procéder à la moindre modification des composantes de notre politique - taux d'intérêt, rachats d'actifs et guidage des anticipations - il nous faut au préalable persuader le plus possible que l'inflation convergera bien vers notre objectif sur un horizon à moyen terme et qu'elle y restera même dans les conditions d'une politique monétaire moins accommodante ».

L'inflation s'est redressée ces derniers mois dans la zone euro, au point d'atteindre 1,5% en mars, se rapprochant de l'objectif de la BCE qui est d'un petit peu moins de 2%. Cette remontée a alimenté les anticipations de relèvement du taux de dépôt de la BCE, actuellement fixé à -0,4%, un sujet sensible pour des pays tels que l'Allemagne, les Pays-Bas ou la France.

La BCE doit suivre la même trajectoire, a appuyé Peter Praet, car faire la moindre allusion à une hausse des taux aurait pour effet de saper en partie les retombées de la politique monétaire en cours. « Si les investisseurs commencent à pressentir que la trajectoire des taux est sujette à une incertitude orientée à la hausse (...) les taux d'intérêt à long terme monteront et les rachats d'actifs seront moins efficaces », a-t-il expliqué.

Ses propos et ceux de Mario Draghi ont fait nettement baisser l'euro jeudi: la monnaie unique est brièvement tombée sous 1,0629 dollar, au plus bas depuis trois semaines. Il est ensuite revenu à l'équilibre face au billet vert, à 1,0665 dollar.

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