Les incertitudes politiques françaises creusent l’écart entre l’OAT et le Bund

le 06/02/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

Les incertitudes politiques françaises creusent l’écart entre l’OAT et le Bund
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Les rendements de la dette souveraine de la France grimpent lundi sur fond d'inquiétudes liées à l'élection présidentielle. Le rendement des obligations françaises à 10 ans a atteint en séance 1,14%, en hausse de quatre points de base, à un plus haut de 17 mois. Les obligations allemandes à 10 ans jouent parallèlement à plein leur rôle de valeur refuge dans un climat d'incertitudes sur la politique de Donald Trump et sur le calendrier des resserrements monétaires à venir aux Etats-Unis. Dans ce contexte, le rendement du Bund à 10 ans perd 4 points de base à 0,38%, poussant le spread entre la dette française et allemande à 73 points de base, au plus haut depuis près de quatre ans.

En ce qui concerne la dette française, le marché réagit au programme de Marine Le Pen, dévoilé ce week-end à Lyon, mais également aux incertitudes entourant la candidature de François Fillon.

La présidente du Front national se propose de renégiocer les traités européens puis d'organiser un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne. Elle prône également le retour à une monnaie nationale. Selon un responsable de l'agence de notation Standard & Poor's cité par The Economist, la France ferait défaut sur sa dette souveraine si elle décidait unilatéralement de convertir en monnaie nationale ses obligations d'Etat libellées en euros. «Une victoire de Le Pen est peu probable mais la situation en France fait sans aucun doute monter les inquiétudes chez les investisseurs», déclare à l'agence Reuters Christian Lenk, en charge de la stratégie de taux chez DZ Bank.

Les mésaventures de François Fillon peuvent également reporter le risque sur le premier tour de l'élection, la marge entre Hamon, Fillon et Macron ressortant à seulement 5%, souligne Deutsche Bank. «En réalité, en tenant compte de la marge d'erreur des sondages concernant les intentions de vote, la différence est encore plus faible et un risque potentiel serait de se retrouver avec Hamon et Le Pen au second tour», ajoute la banque allemande.

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