La BoJ confirme sa part dans la dépréciation du yen

le 15/12/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’autorité japonaise a accru ses opérations de rachats d’obligations d’Etat sur la partie longue, avec le passage du rendement à 10 ans en territoire positif.

La Banque du Japon à Tokyo.
(Crédit Bloomberg.)

La remontée des taux américains et les interventions de la Banque du Japon sur le marché des obligations d’Etat (JGB) alimentent la baisse du yen. Depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, la devise japonaise a cédé 11,5% face au dollar et 6,5% face à l’euro. L'enquête trimestrielle de la BoJ, le Tankan, montre une stabilisation de la confiance générale des entreprises nippones qui se fonde sur des anticipations pessimistes de taux de change du yen à 103,36 contre dollar correspondant à celui prévalant début novembre, avant le résultat de l’élection américaine. «La lenteur du processus d’ajustement des prévisions des sociétés suggère qu’elles ne sont pas convaincues par cet accès de faiblesse récent du yen, même s’il est possible elles se soient fixé un objectif virtuel à 110», estime Citigroup.

Une politique axée
sur la courbe

La BoJ veille au grain. L'autorité japonaise a pris les marchés par surprise hier en allongeant la maturité des JGB qu’elle rachète sur le marché pour faire reculer les taux longs. Elle a ainsi offert de racheter 200 milliards de yens de JGB de maturités comprises entre 10 et 25 ans et 120 milliards supplémentaires de titres de maturités résiduelles supérieures à 25 ans, soit 10 milliards de plus sur chacune des deux parties de la courbe. Le spread entre le rendement des Treasuries américains et celui des JGB à 10 ans s’est écarté de 55 pb depuis début novembre, pour atteindre un plus haut de 240 pb. Le passage du taux 10 ans japonais en territoire positif depuis un mois, après être resté négatif depuis le mois de février, semble être à l’origine de ces nouvelles mesures.

Lors de sa réunion du 21 septembre, la BoJ a annoncé que sa politique monétaire allait être axée sur la courbe, avec des interventions qui ont permis de maintenir le taux à 10 ans autour de zéro alors que les autres rendements se sont fortement tendus. Cette divergence a entraîné des sorties de capitaux du Japon vers les Etats-Unis à la recherche de rendements plus élevés, avec un débouclage des positions longues des comptes spéculatifs accumulées tout au long de l’année. La tendance baissière sur le yen s’est néanmoins légèrement réduite à -8 sur l’indice BNP Paribas, contre -36 pour l’euro et +54 pour le dollar. Natixis estime que la dépréciation du yen se poursuivra pour atteindre 122 contre dollar fin décembre 2017.

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