L’opportunité d’un assouplissement budgétaire en zone euro fait débat

le 30/11/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, se joint aux critiques allemandes contre la Commission, qui réclame une hausse des dépenses dans les pays en excédent.

L’opportunité d’un assouplissement budgétaire en zone euro fait débat
(© European Union)

La réplique du président de l’Eurogroupe à la recommandation faite par la Commission européenne de passer à une politique plus expansionniste, n’a pas tardé à venir. «La Commission a tout à fait le droit de faire des recommandations à la zone euro dans son ensemble…. (mais) pour la position budgétaire agrégée, on peut se demander si, sur le fond, c’est la bonne approche», a expliqué Jeroen Dijsselbloem mardi devant le Parlement européen. Il y a deux semaines, l’exécutif européen a appelé à «une stratégie plus collective» consistant à accélérer la tendance légèrement expansionniste déjà présente dans la zone euro en augmentant significativement les dépenses dans les trois pays ayant les plus forts excédents : le Luxembourg, les Pays-Bas et l'Allemagne. Elle a même – fait inédit – fixé un objectif de 0,5% du PIB, correspondant à 30 à 40 milliards d’euros.

Le président de l'Eurogroupe a admis que cette recommandation créait un dilemme. «S’il y a conflit entre rester dans les termes du Pacte (de stabilité et de croissance) et les conseils sur la position budgétaire, on se retrouve dans une position délicate», a-t-il dit. Jens Weidmann, président de la Bundesbank, avait critiqué la semaine dernière la position de la Commission. Il a par ailleurs annoncé que le président du tout nouveau Conseil budgétaire européen (CBE), l’économiste danois Niels Thygesen, avait été invité à participer aux débats des ministres des Finances lors de l’Eurogroupe du 5 décembre. Composé de cinq membres, le CBE a commencé ses travaux en novembre. Il est censé fournir un avis extérieur sur la situation budgétaire des Etats mais, placé sous l’égide de la Commission, son indépendance fait déjà débat.

Le président de l’Eurogroupe est lui-même dans une position délicate: le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rütte a publiquement critiqué «l'erreur d'analyse» du commissaire Pierre Moscovici, au nom de son ministre des Finances... Jeroen Dijsselbloem lui-même.

L’OCDE, elle, s’est ralliée à l'approche de la Commission. Mardi, son secrétaire général Angel Gurria a appelé les dirigeants européens à saisir «une occasion unique d’actionner plus activement les leviers budgétaires pour stimuler la croissance et réduire les inégalités».

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