La France pâtit de la revalorisation du risque en zone euro

le 29/11/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le spread entre le rendement de l’OAT à 10 ans et celui du Bund s’est écarté de 28 pb depuis un mois pour atteindre son plus haut niveau depuis mars 2014.

La France pâtit de la revalorisation du risque en zone euro
Si les OAT ont dégagé une moins bonne performance que les titres des pays cœurs de la zone euro, elles ont en revanche fait mieux que les pays périphériques.
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La perspective de l’élection présidentielle en France suscite l’inquiétude des marchés. L'écart de rendement entre l’OAT française à 10 ans et le Bund allemand s’est en effet élargi de 28 pb depuis environ un mois pour atteindre 55 pb, son plus haut niveau depuis mars 2014. La partie 2 ans a également été touchée malgré la politique accommodante menée par la BCE, avec un spread entre les titres français et allemands qui s’est ainsi écarté d’environ 15 pb sur la période pour atteindre environ 15 pb. Hormis un épisode en juin, il s’agit de son plus haut niveau depuis mai 2014.

La France s’éloigne ainsi des pays cœurs de la zone, avec un rendement français à 10 ans qui s’est aussi écarté des titres néerlandais à hauteur de 20 pb depuis un mois, à un niveau de 37 pb.

«Un risque politique surévalué»

SG CIB estime néanmoins que le spread de l’OAT contre Bund devrait plafonner à un niveau de 75 pb, avant de revenir vers ses niveaux de long terme. Si les OAT ont dégagé une moins bonne performance que les titres des pays cœurs de la zone euro, elles ont en revanche fait mieux que les pays périphériques. Le spread de l’OAT contre les BTP italiens à 10 ans s’est écarté de 24 pb depuis un mois avec le risque de «non» au référendum italien de dimanche, mais également contre les obligations espagnoles, à hauteur de 10 pb depuis le 10 novembre.

«Le risque politique en France est surévalué à ce jour et le spread OAT-Bund ne s’est vraiment élargi qu’après l’élection de Trump, moment qui ancre définitivement le risque politique au cœur des préoccupations des marchés», estime Louis Harreau, économiste chez CA CIB.

Dans un contexte de très forte remontée des taux liée en partie au rebond des anticipations d’inflation depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis en début novembre, mais aussi au retour du risque politique en zone euro avec des échéances électorales clés au cours de l’année 2017 en France et en Allemagne, les pays périphériques ont été les plus touchés. Résultat: à 1,06, la monnaie unique a ainsi poursuivi son mouvement de repli hier face au dollar et n’est plus qu’à 1% de ses plus bas enregistrés au mois de mars 2015. Or, «le risque politique qu’un parti eurosceptique arrive au pouvoir et menace l’appartenance du pays à la zone euro est typiquement celui auquel la BCE ne peut pas faire face», rappelle Louis Harreau.

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