Un double risque politique et bancaire pèse sur le sort de l’Italie

le 28/11/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'écart de rendement entre obligations italiennes et espagnoles à 10 ans atteint son plus haut niveau depuis fin 2011.

Un double risque politique et bancaire pèse sur le sort de l’Italie
Matteo Renzi, le président du Conseil italien, a en partie lié son maintien au pouvoir à la victoire du «oui» au référendum du 4 décembre.
(Photo UE.)

Les marchés sont pessimistes quant à l’issue du référendum sur le projet de réforme constitutionnelle du gouvernement italien qui se tiendra le 4 décembre. Le fait que Matteo Renzi ait en partie lié son maintien au pouvoir à la victoire du «oui», et les propos la semaine dernière du vice-secrétaire du parti démocrate (PD) suggérant que des élections anticipées seraient organisées en été 2017 si le «non» l’emportait, ont ravivé les tensions. Le spread entre les rendements des BTP italiens à 10 ans et du Bund allemand s’est écarté de 53 pb en un mois à un niveau de 188 pb inconnu depuis mai 2014. L’Espagne ayant enfin formé un gouvernement, le risque s’est déplacé en Italie, avec un spread BTP contre emprunts espagnols au plus haut depuis fin 2011.

Deutsche Bank estime que la probabilité de voir le référendum rejeté par le peuple italien a grimpé à 60% ces derniers jours. Les marchés craignent une montée du Mouvement 5 étoiles (M5S) qui menace de soumettre au vote le maintien de l’Italie dans la zone euro en cas d’accession au pouvoir. «Un résultat négatif au référendum obligerait à une réforme de la nouvelle loi électorale pour en augmenter le degré de proportionnalité éloignant le risque extrême d’une accession au pouvoir du M5S, au prix d’une moindre stabilité et gouvernabilité», tempère Crédit Agricole SA. Une victoire du «oui» permettrait ensuite de renforcer la majorité de sièges au parti ayant obtenu plus de 40% des voix à un scrutin. Oddo Securities s’inquiète du risque qu'un jour «ce nouveau mode de scrutin ouvre les portes du pouvoir au M5S».

«Le référendum italien est le catalyseur d’une situation complexe dans le pays issue d'une croissance décevante, d’inquiétudes sur la pérennité du système bancaire, et de la montée des partis populistes et eurosceptiques», rappelle Deutsche Bank. Un rejet de la réforme risquerait ainsi d’entamer la capacité des banques à lever les capitaux nécessaires à leur assainissement, en raison d'une hausse des spreads et d'une chute des actions bancaires. Le pays est en outre sous menace d’une dégradation de sa note en catégorie spéculative par DBRS qui porterait la décote d’un titre à 10 ans, au guichet de la BCE, de 3% à 11,5%, et augmenterait le coût de financement des banques. La situation pèse aussi sur les corporates italiens, dont le spread s’est écarté de 30 pb de l’indice global en novembre.

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