La BCE redoute l’impact de l’élection américaine sur la stabilité financière

le 25/11/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'institution considère que l'incertitude politique pourrait être un facteur sérieux de risque systémique.

La Banque centrale européenne à Francfort.
La BCE craint notamment que la politique économique américaine ne soit davantage orientée vers l’intérieur.
(Crédit ECB.)

La Banque centrale européenne (BCE) redoute que les changements politiques, notamment aux Etats-Unis, ne provoquent de brutales corrections sur les marchés financiers, aux dépens de la stabilité financière. Dans sa revue de la stabilité financière publiée hier, la banque centrale considère qu’une possible «révision du prix du risque» liée «au renforcement de l’incertitude politique dans les économies avancées et les fragilités persistantes dans les pays émergents» est l’une des principales sources potentielles de risque systémique aujourd’hui et que la menace qu’elle représente s’est renforcée depuis sa dernière analyse des risques publiée en mai.

La BCE souligne que, pour l’instant, les conséquences pour la stabilité financière de la zone euro de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis sont «très incertaines». Cependant, elle considère que la politique économique américaine pourrait être «davantage orientée vers l’intérieur» et que les baisses d’impôts et les dépenses d’infrastructures pourraient creuser le déficit budgétaire. «Dans un tel scénario, l’économie de la zone euro pourrait être touchée par les canaux du commerce et par les retombées possibles d’une augmentation des anticipations de taux d’intérêt et d’inflation aux Etats-Unis», peut-on lire dans la revue.  

Face aux événements politiques, les épisodes de forte volatilité des marchés suivis d’une accalmie se sont multipliés. La BCE considère que ce phénomène pourrait conduire les investisseurs à prendre des risques excessifs. Un phénomène d’autant plus préoccupant que sur certains segments de marché, et notamment sur les actions américaines, les valorisations sont déjà tendues. La forte corrélation qui existe aujourd’hui entre les différentes classes d’actifs pourrait renforcer tout choc.

La banque centrale considère aussi comme une menace très sérieuse la création d’une possible «boucle de rétroaction» entre la faible profitabilité des banques et le manque de croissance, mais ce risque n’a pas augmenté depuis six mois à ses yeux. Les niveaux de dette privée et publique sont en revanche devenus plus préoccupants et pourraient devenir menaçants si l’incertitude politique provoque un arrêt des réformes aux niveaux national et européen. Enfin, la BCE se dit vigilante vis-à-vis des problèmes que pourraient rencontrer certains fonds d'investissement, notamment sur le plan de la liquidité.

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