La pression tarifaire s’accroît sur les gérants d’actifs britanniques

le 21/11/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La FCA les exhorte à plus de transparence et envisage une enquête sur le rôle des sociétés de conseil en investissement.

La pression tarifaire s’accroît sur les gérants d’actifs britanniques
(Photo DR)

Dans un rapport de 200 pages, la FCA a lancé une attaque en règle contre l’industrie de la gestion d'actifs britannique, deuxième au niveau mondial avec près de 7.000 milliards d’actifs. Cette étude, qui a démarré en novembre 2015, met en évidence la quasi-absence de concurrence tarifaire dans ce secteur. La gestion active est tout particulièrement dans le viseur du régulateur en raison de la trop grande homogénéité des tarifs pratiqués : «de nombreux fonds de gestion active prennent des positions modestes par rapport au benchmark, a ajouté Christopher Woolard, directeur exécutif en charge de la stratégie et de la concurrence à la FCA, et cette initiative aboutit à des résultats similaires à ceux de la gestion passive mais avec des frais plus élevés». Selon le régulateur, quelque 109 milliards de livres seraient enfermés dans ces «faux» fonds de gestion active.

Face au manque de transparence, la FCA a cependant reculé devant la mise en œuvre d’un plafond. «Un plafond constitue une mesure de dernier ressort, a expliqué Andrew Bailey, directeur général de la FCA. Ce n’est pas une bonne réponse si l’on veut encourager la concurrence.» A la place, la FCA a proposé d’introduire un montant de frais unique (all-in fee) pour les investisseurs.

Favorable à cette idée, l’Investment Association (IA), le lobby des gérants outre-Manche, a cependant alerté sur sa difficulté de mise en oeuvre. «Cette définition large des frais de gestion était disponible dans le key investor information document mais a été retiré de celui de Priips (ndlr : produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance), un développement complètement rétrograde en matière de bonne communication à l’égard des clients», avance Chris Cummings, directeur général de l’IA.

Parmi les autres recommandations, le régulateur propose de renforcer l’obligation des gérants d’agir dans l’intérêt des investisseurs. Il étudie aussi la possibilité de soumettre à l’autorité de la concurrence britannique (Competition Markets Authority, CMA) l’examen du secteur du conseil en investissement. Selon la FCA, ces entreprises, dont trois (Aon Hewitt, Mercer et Willis Towers Watson) contrôlent 60% du marché, ne seraient pas en mesure d’identifier les gérants offrant les meilleurs rendements. Le rapport final devrait être publié l’été prochain.

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