La stratégie de repentification de la courbe japonaise porte ses fruits

le 19/10/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La partie longue a été la plus sensible à la nouvelle politique de la banque centrale, avec une hausse de 45 pb du spread entre rendements à 10 et 30 ans depuis fin juin.

La Banque du Japon à Tokyo.
(Crédit Bloomberg.)

La BoJ semble avoir en partie réussi son pari. Le lancement le mois dernier d’un nouveau cadrage de sa politique monétaire a permis de repentifier la courbe des taux japonais par le haut, en maintenant un niveau de rendement à 10 ans proche de zéro. Après avoir enregistré depuis le mois de février un très violent mouvement d’aplatissement sur les maturités supérieures à 10 ans qui a atteint son apogée fin juin dernier, le spread entre les rendements à 30 et à 10 ans s’est depuis repris d’environ 25 points de base pour revenir à des niveaux supérieurs à 50 pb. Dans le même temps, la hausse de la pente sur la partie 2-10 ans a été plus limitée à environ 15 pb, avec un rendement à 10 ans oscillant entre -1 et -10 pb depuis le début du mois de septembre. Des niveaux conformes au nouvel objectif de la BoJ.

Son gouverneur, Haruhiko Kuroda, a rappelé que l’autorité n’hésitera pas à abaisser ses taux à nouveau, si besoin, pour repentifier la courbe par le bas cette fois. «En redéfinissant son cadre monétaire, la BoJ a ouvert la porte à un léger tapering sur ses rachats de JGB», estime Citigroup. Cette nouvelle approche explique la remontée des taux longs japonais qui atteint 25 et 45 pb sur la partie 10 ans et 30 ans depuis leurs plus bas enregistrés en juillet. «La BoJ a décidé de trouver la courbe optimale en renforçant sa volonté de relancer les anticipations d’inflation, dans un contexte de baisse des prix, en considérant notamment l’effet pénalisant des taux négatifs sur les institutions financières. Ce cadre s’est néanmoins traduit en réalité par un resserrement des conditions monétaires», explique CA CIB.

Dans ce contexte, Haruhiko Kuroda a expliqué samedi dernier qu’«en poursuivant une politique monétaire extrêmement accommodante, la politique de relance budgétaire sera d’autant plus efficace dans la mesure où nous pourrons éviter une remontée des taux d’intérêt». Les limites de la politique monétaire ultra-accommodante menée par la BoJ, qui se réunira le 1er novembre, semblent l’inciter à passer le témoin à la politique budgétaire pour atteindre un objectif d’inflation qui s’éloigne de plus en plus. Le gouvernement de Shinzo Abe a annoncé officiellement fin juillet un plan de relance de 28.100 milliards de yens (245 milliards d’euros) qui a amené CA CIB à réviser à la hausse ses prévisions de croissance du PIB nippon de 0,4 point à 0,6% cette année et de 0,6 point à 1,4% sur l’année 2017.

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